0

 

Catégorie : Bande dessinée

Genre : Action, Satire, Humour

Année : 2014

Nombre de pages : 62

Nation : France

Auteurs : Alain Soral, Dieudonné M’Bala M’Bala, Zéon

Synopsis : Rien ne va plus à bord de l’Eltsine ! Des pirates somaliens se sont emparés du bâtiment et les peoples sont retenus en otages. Leur dernier espoir d’être secouru vient de s’envoler sous leurs yeux. Alors que le multimilliardaire russe propriétaire du yacht Serguey Ploucatchov entame des négociations et des affaires avec le chef des pirates, le producteur de cinéma Moshé Süssfeld met lui aussi au point un plan pour tirer profit de la situation. Un véritable bain de sang se prépare.

Analyse critique :

(Attention SPOILERS !)

Récemment sur ce blog, j’ai abordé le premier tome de Yacht People, intitulé « Quenelle en haute Mer ». Aujourd’hui j’aborde donc le second album sorti en 2014 et baptisé « Au Dessus c’est le Soleil ».

Le premier épisode avait rencontré du succès et s’était bien vendu. On savait d’ores et déjà qu’il serait complété par une suite étant donné la fin. Cette suite sera rédigée au cours de l’an 2013. A la base, la sortie était prévu pour la fin de l’année, mais comme pour le premier tome, il y’aura un retard au niveau des éditions (les trois auteurs n’ayant pas accès au circuit officiels). Le livre ne sortira finalement qu’en 2014.

1

1,5

On se souvient que le premier album était un cocktail d’humour noir, de violence, de trash, de satire et de politiquement incorrect qui faisait dans le transgressif. Ce second opus est sur la même ligne. Cependant ici, le scénario évolue et propose quelque chose de plus intéressant.

La première partie avait une histoire assez classique qui s’attachait surtout à dénoncer la classe people et à dresser un terrible constat sur le monde moderne.

Ici, tout va beaucoup plus loin. Le yacht est désormais aux mains des pirates, et les tentatives des otages pour se sortir de leurs griffes se sont révélées vaines. C’est alors que certains vont s’adapter à la situation et tenter d’en profiter.

15

1280x720--8E

A ce niveau là, donc le scénario prend de l’épaisseur. Ainsi le personnage central de Ploucatchov a une nouvelle dimension. L’oligarque multimilliardaire russe décide de traiter avec le chef des pirates et lui propose même une affaire lucrative dans laquelle les deux sont gagnants. « L’art des échecs c’est s’adapter aux situations inconfortables » déclare d’ailleurs Ploucatchov.  Ce qui doit d’abord être une arnaque à l’assurance prendra une dimension politique au fil de l’album. Ainsi, Ploucatchov qui dans le premier album semblait tenir avant tout de Roman Abramovich, prend ici des airs de Vladimir Poutine. On y retrouve la même intelligence tactique et ce côté « jour d’échec » qui parvient à s’adapter à la situation et a en tirer profit. Mais surtout, il va au final s’unir avec le pirate somalien représentant du tiers monde contre un ennemi commun : « l’axe américano-sioniste » qui est ici représenté clairement. Cela rend Yacht People au final plus complexe et moins manichéen qu’il n’en a l’air.

14

13

Cela dit, on va voir qu’ici les intérêts de Ploucatchov se heurtent à ceux de Süssfeld qui va chercher à sauver sa peau mais également à tirer profit de la situation.

Je n’en dirai pas trop pour la suite, mais on va découvrir qu’ici, l’affaire prend une dimension politique et qu’elle est même exploitée à fond pour fait resurgir l’épouvantail du terrorisme islamique.

9

7

Autant le dire, la politique mondialiste en prend pour son grade. Les personnages sont représentés sous leur vraie nature. Le crétin Obama, jouet de l’oligarchie, est bien caricaturé. La psychopathe Hillary Clinton déguste aussi, tant dans la caricature que dans le scénario. Mais c’est surtout Henry Kissinger qui en prend plein les dents. Il représente ici le cerveau de l’affaire. Celui qui va le plus exploiter la situation en mettant au point simulacre pour transformer ce piratage en une attaque terroriste.

Yacht People : Au Dessus C’est le Soleil ne fait donc pas dans la dentelle.

2

3

On retrouve la même tonalité que dans le premier. Humour noir, trash et transgressif, ultraviolence à gogo.

Le dessin est toujours aussi bien réalisé, et les planches sont toujours remplies de 1000 détails qu’on découvre encore après trois relectures. On note des références à des évènements, à des livres ou encore à des films (notamment Scarface de De Palma sur la fin).  

4

 

5

Les dialogues sont là aussi assez inégaux, mais dans l’ensemble ça reste du bon.

Ce second tome de Yacht People parvient donc à régaler. On est pris dans un festival d’action jouissif, tout en ayant en arrière plan une farouche critique de la politique mondialiste des états de l’OTAN. Le livre dénonce notamment la récupération politique d’actes criminels et l’utilisation de l’épouvantail du terrorisme tout en taclant le monde people, Hollywood et la bienpensance.

Encore mieux que le premier épisode qu’il complète parfaitement pour former un diptyque très réussi.

            

           

Note : 15/20