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Catégorie : Spectacle

Genre : Humour

Année : 2013

Public : Interdit en France

Durée : 1H12

Nation : France

Mise en Scène: Dieudonné M’Bala M’Bala

Interprète : Dieudonné M’Bala M’Bala

Sujet : « On y va droit dedans et pourtant on est dos à lui, alors plutôt que de se taper la tête contre, faisons le mur ! ». Ce Mur de séparation, qui sépare le monde réel de la liberté de celui du mensonge et de l’oppression. C’est de ce côté-là du mur que nous vivons actuellement et aujourd’hui Dieudonné nous invite à passer de l’autre côté. Abordant des sujets de société tabous tels que l’industrie sur la souffrance des peuples, le nazisme, le racisme, les tirailleurs sénégalais, la pédophilie, l’homoparentalité, la fin du monde et même le cancer.

 

Analyse critique :

(Attention SPOILERS !)

Aujourd’hui nous abordons sur E-Pôle-Art, ce qui est peut être le spectacle le plus culte de Dieudonné mais qui est clairement le plus polémique, j’ai nommé Le Mur écrit et mis en scène en 2013.

Pourquoi s’agit-il du spectacle le plus célèbre et polémique ? Tout simplement car il fut tout bonnement interdit par décision du conseil d’état. Une première dans l’histoire de la Cinquième République et même depuis le début du vingtième siècle. Ainsi Dieudo est rentré dans l’histoire « par la cuvette des chiottes » comme il le précise mais il y’est entré.

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Le Mur fut en effet au cœur de très vives polémiques qui composèrent la une des journaux entre fin 2013 et début 2014. Cette gigantesque polémique commença avec une quenelle effectuée par le joueur de foot Nicolas Anelka suite à un but. Ce qui vaudra au joueur d’être viré de son club West Brom Albion. Les anglais n’y trouvaient rien à redire pourtant, mais c’est monsieur Platini qui fit un caca nerveux pour que le joueur soit sanctionné (on se doute qu’il devait avoir une sacrée pression derrière). Puis ce fut ensuite un reportage de Benoît Duquesne, qui avait déjà fait un reportage partial sur Dieudonné en 2004 et qui ici décida de subtiliser une phrase de ce nouveau one-man-show qui parlait de Patrick Cohen : « Quand je l’entends, je me dis les chambres à gaz, tu vois…dommage. ». Nous reviendrons plus loin sur cette phrase en la resituant dans son contexte et en précisant à quoi elle faisait réaction. Les images du spectacle furent d’ailleurs volées et publiés illégalement par les chaînes TV (l’artiste les attaquera d’ailleurs en justice et gagnera son procès).

Quoiqu’il en soit, la polémique prend une ampleur démesurée. Manuel Valls, à l’époque Ministre de l’intérieur, prend position et affirme vouloir tout faire pour interdire les spectacles de Dieudonné.

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Et cette interdiction, Manuel Valls l’obtiendra bel et bien.

Tout commença par la ville de Nantes, où l’humoriste commence toujours ses tournées annuelles et où cette année 5600 personnes s’apprêtent à venir voir le spectacle. Au début de l’année 2014, le maire de la ville fait interdire le spectacle par arrêté préfectoral pour « Trouble à l’Ordre Public ». Dieudonné fait appel via le Tribunal administratif qui annule l’arrêté du maire de Nantes, estimant que le risque de trouble à l’ordre public n’est « pas justifié ». C’est alors que va se passer une chose extraordinaire. Valls va saisir le conseil d’état le soir même où Dieudo doit jouer son spectacle à Nantes. En seulement quarante minutes, le Conseil d’état va faire interdire le spectacle. Du jamais vu dans l’histoire du droit ! Une telle vitesse de jugement est absolument inconcevable, surtout quand le juge qui prend la décision n’a même pas vu le spectacle concerné. D’ailleurs, assez ironique, Bernard Stirn, le juge en question, est l’arrière petit neveu du capitaine Dreyfus. Philippe Bilger un magistrat invité à la télévision affirmera lui-même que cette rapidité de traitement était purement aberrante.

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Au Zénith de Nantes, les médias sont rassemblés en nombre, espérant enfin voir le trouble à l’ordre public tant attendu éclater face à l’annulation, à la dernière minute, du spectacle de Dieudo. Ils seront bien déçus. Le public restera calme et ne clamera qu’une chose « On est juste venu pour rire ». La Marseillaise sera entonnée devant le Zénith. Une signe de nationalisme et d’extrême droite pour certains médias ! (car oui chanter La Marseillaise est devenu un acte d’extrême droite pour l’intelligentsia actuelle), en réalité, on pouvait simplement voir là la nostalgie d’une belle France où on avait encore le droit de s’exprimer. Car cette interdiction de s’exprimer, elle est bien présente ce soir là. En effet, face à l’interdiction du spectacle Le Mur par le conseil d’état, Dieudo pensa jouer un Best-of de ses anciens sketchs pour ne pas laisser repartir le public bredouille. On refusera de le laisser faire. Il demandera à parler à son public par mégaphone pour expliquer la situation et appeler au calme. Là encore, ce droit lui sera refusé, et c‘est son célèbre régisseur, Jacky Sigaux, qui prendra la parole. Il n’y aura aucuns débordements et le public se dispersera dans le calme. Ainsi la provocation de l’Etat a échouée.

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Mais le lendemain, à la ville de Tours, se produit exactement la même chose. Le spectacle est interdit par le conseil d’état. Le jour suivant, Dieudonné doit jouer Le Mur au théâtre de la Main D’or dans l’après midi. Quand elle arrive sur place, l’équipe de l’humoriste découvre avec stupeur, qu’un comité d’accueil les attend. Des CRS bloquent littéralement le passage de la Main d’or, empêchant même les résidents d’aller chez eux. Après avoir fait des pieds et des mains et avoir présenté leurs pièces d’identité, l’équipe parvient à entrer et découvre là encore avec stupeur, que les journalistes eux ont passé le barrage sans encombre et sont déjà installés. Le théâtre a été recouvert de tags de menaces. Là encore, le spectacle prévu pour l’après midi a été annulé par décision du conseil d’état. Une demi-heure plus tard, l’artiste organise une conférence de presse à la Main d’or. Une fois de plus, la police ne laisse entrer que les journalistes mais pas le public alors que la décision du conseil d’état n’interdit au public que la représentation du spectacle Le Mur. Dieudo annonce alors la fin du spectacle Le Mur, se pliant à la décision du conseil d’état. Le Mur ne sera donc plus jamais joué. Près d’un an plus tard, le DVD sera également interdit à la vente.

Voilà où nous en sommes arrivés. Mais comment en est-on justement arrivé là ? Premièrement parlons de la décision d’interdire le spectacle. Elle s’est basée sur deux éléments. Le premier fut le trouble à l’ordre public. C’est l’argument invoqué depuis toujours contre l’humoriste. Pourtant jamais dans aucun de ses spectacles, il n’y a eu de trouble à l’ordre public. En l’occurrence le spectacle Le Mur était joué à la main d’Or depuis juillet 2013 sans qu’aucuns troubles n’aient été observés. D’ailleurs, rappelons que le trouble à l’ordre public était tellement inexistant, qu’Arno Klarsfeld appela lui-même à aller créer un trouble à l’ordre public devant les salles de spectacle afin de faire interdire le one man show de Dieudonné. Et ce sur une chaîne du service public, ce qui est purement aberrant et hallucinant. Normalement c‘est Arno Klarsfeld qui aurait du être condamné pour cet appel et cette incitation. Mais il n’en sera rien. Mais surtout, cela clarifie la situation et démontre bien que le trouble à l’ordre public n’est qu’un prétexte utilisé pour faire taire l’humoriste.

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La seconde base qui a appuyé la décision du conseil d’état est « l’atteinte à la dignité humaine ». C’est cette base qui avait également servi à faire interdire le « lancé de nain ». mais comme le rappellera Bruno Gaccio, c‘est aussi sur cette base qu’on a interdit le vieil Hara-Kiri, (plus précisément on parlait « d’atteinte à la dignité de l’armée ou au moral de l’armée »). Là encore, cette base fut critiquée. Car elle est beaucoup trop vague. Quelle définition donner à la dignité humaine ? Demain  un chrétien choqué par la pièce Golgotha Picnic pourrait dire qu’il y’a atteinte à sa dignité et à la dignité humaine. Un belge peut trouver qu’on a atteint à sa dignité par une blague sur les belges. On peut interdire la pornographie car elle « atteint à la dignité humaine ». Bref, c’est un gouffre sans fin où chacun pourra revendiquer l’atteinte à sa dignité dés qu’un propos lui déplaira. Cela dit, si un chrétien, un belge ou une personne qui n’aime pas la pornographie plaide sur cette base, le juge lui rira probablement au nez en lui rappelant à juste titre que nous sommes dans un état de droit et de liberté d’expression et que ce concept d’ « atteinte à la dignité humaine » est beaucoup trop flou. Pourtant, quand là on invoque cet argument sur les spectacles de Dieudonné cela fonctionne. Notamment sur ces blagues concernant la communauté juive. Ainsi il n’y a qu’à cette communauté que s’appliquerait le concept d’ « atteinte à la dignité humaine », sous entendu, l’humanité ne serait représentée que par les juifs.

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Mais on a aussi évoqué un autre argument pour interdire Dieudonné, on a prétendu que l’humoriste ne payait pas ses amendes et organisait son insolvabilité ce qui amenait à interdire ses spectacles. Là encore, c’est un mensonge et pas des moindres. Comme le rappela Bruno Gaccio, une fois de plus, en France, il existe ce qu’on appelle un ATD (Avis à Tiers détenteur). Cette procédure permet au fisc de se présenter au Zénith où Dieudonné joue son spectacle pour prélever directement dans les recettes ce que l’humoriste doit à l’état sans que le concerné ne puisse s’y opposer. En sachant que Dieudonné est le plus gros vendeur de billet de France, cela n’aurait pas dû être difficile. Mais l’état n’en fit rien, car ils savent que les énormes recettes que l’artiste engrange, peuvent lui permettre de régler ses amandes. Ils veulent simplement l’empêcher de parler et pour cela, ils inventèrent ce faux prétexte pour tenter de justifier une interdiction qui n’avait pas lieu d’être. Mais les médias reprirent là encore en cœur cette info, prétendant que Dieudonné ne réglait pas ses amendes ni ne payait ses impôts. Là encore, c’est un mensonge éhonté comme le démontrera le livre Interdit de Rire écrit par messieurs Mirabeau et De Stefano, avocats de Dieudonné qui prouveront, documents et pièces administratives à l’appui, qu’au 19 février 2014, Dieudonné était en règle et que ni lui, ni son épouse n’avaient d’amendes ou d’impôts impayés. Car oui, Dieudonné contrairement à beaucoup d’autres artistes paie bel et bien ses impôts en France. Oui il paie ses impôts, car là encore des médias, dont notamment le pseudo dissident Canard Enchaîné, accusèrent l’artiste de payer ses impôts avec les dons de ses fans « gouroutisés ». Nous avons là un double mensonge. Premièrement il n’a jamais été question de dons mais de prêts de la part des fans envers l’humoristes. Des prêts d’ailleurs régulièrement déclarés à l’administration fiscale et régulièrement remboursés. Quant au règlement des impôts, il ne vient pas de ses prêts mais du ministre du Budget en personne qui accorda une remise sollicité par l’humoriste. 

 

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Autre argument invoqué, « Dieudonné n’est plus un humoriste et ses spectacles sont en fait des meetings politiques ». Monsieur Valls reprendra d’ailleurs la phrase de BHL « il y’a longtemps qu’il ne fait plus rire personne ! ». Il en faut du culot pour oser prononcer cette phrase sans rougir. Une fois encore Dieudonné est l’humoriste le plus populaire de France en termes de vente de billets. Ensuite, ses spectateurs payent pour rire et non pas pour adhérer à un programme. Il est vrai cependant que Dieudonné mêle à son humour ses engagements politiques, mais alors ? Bien d’autres artistes font de même sans être dérangé. Coluche lui-même le faisait. Ensuite, les spectacles de Dieudonné ne sont pas dans le cadre d’un parti politique. Et s’il est vrai que depuis, il a crée un parti politique baptisé « Réconciliation Nationale », il l’a toujours distancié de son travail d’humoriste sur scène et surtout, ce parti n’existait pas encore au moment des faits. Il suffit d’ailleurs d’aller voir les spectacles de Dieudonné pour voir que le public vient pour rire et qu’il y rit. Là encore, la stratégie du « il ne fait plus rire personne » ne fait qu’enfoncer ceux qui la brandissent.    

C’est donc sur ces bases bien fragiles et parfois mensongères, qu’a éclot l’interdiction. Là encore, nous y reviendrons plus loin. Manuel Valls enverra alors à tous les préfets une circulaire pour faire interdire les représentations du spectacle Le Mur. Circulaire totalement approuvée par la garde des sceaux Christiane Taubira.

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Les médias quant à eux joueront leurs rôles en ouvrant une nouvelle campagne de diabolisation à l’encontre de Dieudonné. On évoquera également le geste de la quenelle présenté comme « un salut nazi inversé ». D’où vient cette interprétation ? D’Alain Jakubowicz, président de la LICRA qui dira précisément que la quenelle était « un salut nazi inversé signifiant la sodomisation des victimes de la Shoah. » Nous laisserons à Monsieur Jakubowicz ses fantasmes morbides et malsains, il sera d’ailleurs condamné pour diffamation (information qui n’a bien sûr quasiment pas été relayée par la presse). Interprétation idiote de la quenelle reprise sans vérification par une presse laborieuse. Pour comprendre ce que signifie la quenelle, il suffit de remonter à ses origines. Elle apparaît la première fois dans le spectacle 1905 mis en scène en 2005 pour signifier le fait qu’un dauphin « va nous mettre sa nageoire jusque là ». La quenelle signifie simplement « tu l’as dans le cul » ou « je te l’ai mis profond jusque là ». Tout simplement, c‘est en fait un bras d’honneur à la Dieudonné.

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Ici, certains me diront peut être, « mais comment interpréter les quenelles faites devant Auschwitz, des synagogues ou même celle d’Alain Soral sur le mémorial de la Shoah à Berlin ? N’est-ce pas la preuve que la quenelle est un geste antisémite ?». Là encore, la propagande médiatique fait son effet. Car elle ne nous présentera que les photos de quenelles faites devant des lieux de cultes en rapport avec la communauté juive. Mais il suffit de se rendre sur le site de Dieudonné et de consulter l’album de photos-quenelles qui est régulièrement alimenté par des internautes, pour voir que ces photos de quenelles devant des lieux de culte juifs ne représentent pas la majorité, loin s’en faut. Elles ne représentent même pas le quart. Des quenelles furent effectuées devant des églises et des mosquées également, Dieudonné en effectua une sur le monument-mémorial de l’esclavage au Luxembourg. Des quenelles furent effectuées dans des mariages, des fêtes, des sauts en chute libre, sur des grands 8…. Chacun trouvera une raison de faire une quenelle. Certains ont choisi de la faire sur des mémoriaux de la shoah, d’autres sur ceux de l’esclavage. La conclusion à en tirer n’est sans doute pas qu’on cible des victimes mais qu’on raille l’industrie de la souffrance faite par les élites de certaines communautés. La quenelle est donc tout bonnement un bras d’honneur et non un « salut nazi inversé ». D’ailleurs à ce propos, on peut aussi citer les propos de Roger Cukierman, le président du CRIF qui déclara « il faut que les jeunes comprennent que ce geste n’est pas éloigné du salut nazi, il en est juste l’inverse ». Un tel propos se passerait de réponse tellement il est ridicule. En admettant donc que la quenelle serait bel et bien un « salut nazi inversé », inévitablement la logique nous l’impose, une inversion signifie le contraire, par conséquent la quenelle serait un salut antinazi. Bref ; là encore c’est une fausse polémique montée de toute pièce. Mais la quenelle sera sanctionnée comme nous le verrons plus loin. Certaines célébrités comme Tony Parker, Teddy Riner, Mamadou Sakho ou d’autres préféreront baisser le pantalon et dire qu’ils ne « savaient pas » (seul des athlètes comme Anelka ou Pascal Mancini assumeront).

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En tout cas, le gouvernement lança la chasse à Dieudonné. Les mises en garde à vue et les contrôles fiscaux se multiplieront. Les médias se joignirent à cette persécution, (la chaîne BFMTV notamment dévoila au grand public l’école où étaient scolarisés les enfants de Dieudonné. Ces derniers durent changer d’école face aux menaces reçues). A ce propos, on retiendra aussi la phrase du président de la LICRA  Alain Jakubowicz qui déclara en plein tribunal à l’encontre de l’artiste « on sait où habitent ses enfants… On va bien rigoler ».

Il y’eut également l’affaire d’un huissier qui se plaignit de s’être fait tirer dessus au flash ball par un résident de la demeure de Dieudonné (son cousin selon les avocats de l’artiste), or cet huissier était entré par effraction dans la maison à 20h15 nuit noire, juste pour remettre à l’humoriste des notifications de mise en demeure. Ce genre de documents est toujours envoyé par voie postale, mais quand il s’agit de Dieudonné tout est permis. Par ailleurs l’humoriste ne se trouvait pas chez lui à ce moment-là. Le président de la chambre nationale des huissiers tenta de justifier cette visite inhabituelle et tardive par le fait que ce jour là, tous les actes devaient avoir été notifiés à 21h00 en raison d’une « urgence particulière du Trésor ». Comme le noteront messieurs Mirabeau et De Stefano, les avocats de l’humoriste, on comprend mal cette excuse, quand on sait que ce jour-là, comme tous les jours, l’administration fiscale avait fermé ses portes en milieu d’après midi entre 16h00 et 16h30. Et de plus, ils précisent également que les services du Trésor n’avaient pas recouvrés les amendes de Dieudonné depuis plusieurs années. Bref, là encore, on a voulu intimider et persécuter l’humoriste qui une fois encore ne se trouvait pas à son domicile. On comprendra aisément que l’huissier fut mal reçu en débarquant à l’improviste de façon illégale dans la nuit noire, surtout au moment où l’humoriste et ses proches reçoivent des menaces de morts par centaines. 

      

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 On se souvient également de la tentative d’expulsion de l’humoriste du théâtre de la Main d’Or. Le paparazzi sioniste Elfassi ne s’en cachera pas, il a contribué à faire pressions sur les propriétaires pour faire expulser Dieudonné. Depuis, la procédure a perduré et on a tenté d'expulser l’artiste du théâtre au motif que sa société a changé de nom entre temps. Cela dit malgré toutes les tentatives de magouilles judiciaires, on a pas réussi à expulser l'artiste.

Le régisseur de l’artiste, Jacky Sigaux sera agressé deux fois. La première fois, il s’agissait d’un traquenard sous la forme d’un rendez vous où le régisseur et artiste fut reçu et passé à tabac par un groupe de personne se revendiquant de la LDJ.

Mais le plus frappant, fut la liste dévoilée par le média sioniste pro-israélien et raciste JSS News qui publia la liste des internautes du site de Dieudonné. Cette liste fut obtenue par un hacker qui pirata la Dieudosphère (site de l’artiste). Ainsi JSS News publia, non seulement les noms des personnes qui avaient posté sur le site où avaient acheté des produits, mais également leurs adresses, leurs mails, leurs numéros de téléphone et leurs coordonnées bancaires. Inutile de dire que ces méthodes choquantes, tombent sous le coup de la loi et sont totalement interdites. Elles nous renvoient d’ailleurs aux « heures les plus sombres de notre humanité » que notre intelligentsia aime tant citer. Même Meyer Habib sera choqué par cette méthode de JSS news (c’est dire). Par la suite de cette liste, des gens seront harcelés par mail, courrier ou téléphone. Des expéditions punitives seront menées contre des internautes à Lyon et à Villeurbanne. Un homme sera passé à tabac et séquestré dans le coffre de sa voiture. Les agresseurs se proclamèrent « Justiciers du judaïsme ». Des gens ayant fait des photos de quenelles furent également virées de leur travail. Là encore, cela est tout bonnement illégal, la quenelle n’étant pas juridiquement interdite ou définie, et surtout ne constitue pas un motif de licenciement. Maître François Dangléant, l’un des avocats de Dieudonné proposa même ses services aux employés victimes de ces méthodes. La plupart des patrons savaient que c’était illégal mais la pression et les menaces étaient trop fortes.

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Question ? Où était donc passé notre chevalier blanc pourfendeur de « la Haine » Manuel Valls à ce moment là ? Où était donc la Garde des sceaux Christiane Taubira ? D’ailleurs il est intéressant de consulter le passé de ces deux donneurs de leçons. Monsieur Valls en 1992 ne posait il pas en photo avec le néo-nazi Terry Cooper ? N’est ce pas monsieur Valls qui en 1995 alors qu’il était maire de la Ville d’Evry, en vidéo se plaignait du fait que dans la brocante il n y ait pas assez de « blancs » de « white » de « blancos », trouvant que ça donnait une « mauvaise image de la ville » ? C’est donc ce monsieur qui aujourd’hui vient nous donner des leçons et se présente comme l’axe du bien et un antiraciste. Ce même Manuel Valls qui nous affirme que « l’antisionisme c‘est la porte ouverte à l’antisémitisme » alors qu’il fut lui-même pro-palestinien et profondément antisioniste en 2008.  Quant à Madame Taubira, ancienne radicale de gauche et membre de la liste Europalestine, elle avait publiquement affiché son soutien à l’humoriste en 2004, alors qu’il était pris des les grandes polémiques qu’on lui connaît.            

Mais sur cette affaire, on notera une fois encore le deux poids deux mesures. Certains vont bien plus loin que Dieudonné concernant l’humour sur certaines communautés sans être jamais inquiété. On peut aussi citer l’exemple des Femens (qui ne sont d’ailleurs pas dans l’humour) défendues quand elles saccagent des églises ou des mosquées. Mais l’un des cas de ce début d’année 2014 sera le sketch télévisé de Nicolas Canteloup sur le génocide rwandais. A l’époque certains se sont dit que puisqu’on était en train de fixer les limites de la liberté d’expression, on pouvait demander à la LICRA d’intervenir contre ce sketch. Alain Jakubowicz répondit simplement qu’il n y avait rien à redire au sketch de Canteloup et qu’il n’avait pas à s’excuser. Je suis d’accord avec lui, mais c’est dur à avaler de la part d’un homme qui quelques jours avant, affirmait qu’on ne pouvait pas rire de la Shoah. On ne me fera pas croire que c’était une maladresse de la part Jakubowicz, ce décalage de propos est une provocation claire qui nous rappelle que la LICRA pourrait reprendre ses anciennes initiales la LICA.

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Mais là où la polémique est allé loin, c’est que cette fois on ne s’en est pas pris uniquement à Dieudonné, mais également à son public. J’ai déjà fait part plus haut des listes noires, des harcèlements et des agressions, mais les médias s’y joindront aussi. Ainsi on entendra certaines personnalités déclarer à la télévision que le public de Dieudonné était composé « de néo-nazis, d’idiots incultes manipulés par un gourou ou encore d’islamistes ou gens d’extrême droite ». Le public s’est littéralement fait insulter et cracher à la gueule. A ce niveau là, faisant parti du public de Dieudonné, je le dis : se faire insulter et critiquer, c’est la règle du jeu, il faut l’accepter. Cela dit, là où je ne suis pas d’accord c’est que le droit de réponse n’est pas accordé. En effet, comme le souligne Philippe Sauve dans son livre Fan de Dieudo et pas Facho ! Les médias n’ont eu de cesse de se poser la question : pourquoi tant de gens allaient voir les spectacles de l’humoriste. Aucun d’eux pourtant n’a invité un fan à s’expliquer sur un plateau télé. Les seuls qui l’aient fait, c’est en Suisse dans une émission très intéressante baptisée « Infrarouge », à laquelle furent invités des fans de l’humoriste. On a constaté qu’au final les tenants du plateau n’en menait pas larges face à ces « néo-nazis incultes et manipulés » et face à leurs arguments précis, se vautraient littéralement.

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D’ailleurs, en parlant des émissions en France, on se souvient que beaucoup parlèrent de l’affaire Dieudonné sans inviter des fans. Je me souviens qu’on a traité cette affaire, au « Grand Journal », à « On est pas Couché » où encore à l’émission de débat Domenach-Zemmour… Ces émissions étaient toutes pareilles, les « intellectuels » présents sur le plateau voyaient en Dieudonné « un dangereux gourou antisémite, néo nazi… ». Mais là où ça devenait intéressant, c’est qu’à toutes ces émissions, le présentateur finissait toujours avec cette question « Au final, malgré tout, trouvez-vous que Dieudonné est drôle ? » et dans tous les cas, la réponse fut la même de la part de tous les invités : « On en sait rien, on a jamais vu ses spectacles ». Bref on théorise pendant une heure en prenant ses grands airs avant de reconnaître qu’on ne s’est même pas penché sur le sujet. Et c’est le cas de la très majeure partie des détracteurs de l’humoriste et surtout des médias. Et cette polémique va le prouver une fois de plus.      

Mais maintenant venons-en à ce fameux spectacle interdit, qu’en est-il donc ?

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Comme on peut s’en douter, le DVD du Mur était attendu au tournant par les fans, (DVD qui je le rappelle est désormais interdit). Après une telle polémique, on se disait que ce spectacle devait être vraiment corsé et transgressif. De plus, pour le DVD, l’humoriste avait annoncé qu’il enregistrerait une version particulièrement piquante en Algérie. Mais ça ne se fera pas et le DVD sera finalement enregistré au Théâtre de Main d’Or.

Après la vision de ce nouveau spectacle, je constatais que moi-même et plusieurs autres amateurs de l’humoriste avions eu la même réaction : « Tout ça pour ça !». Certes, on savait avant d’avoir vu le spectacle que la décision du conseil d’état était disproportionnée et folle, mais en l’occurrence, ce qui est frappant, c’est que Le Mur, tout en étant un spectacle piquant, transgressif et subversif, est loin d’être le plus piquant, transgressif et subversif de l’artiste. Honnêtement pour moi, au moins trois spectacles que sont : Mahmoud, Foxtrot et J’ai Fait L’Con sont plus corsés que Le Mur. Cela démontre une fois encore que la presse ne regarde surement pas les spectacles et que l’interdiction du Mur ne vise l’humoriste lui-même.

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Mais revenons donc au spectacle. Après une intro d’enfer, où il nous rappelle que la France vient de perdre son triple A, et une superbe entrée, Dieudo commence le show.

Comme d’habitude, il revient sur les polémiques qui l’entourent et avoue que les gens d’en haut se posent des questions. « Allez voir les spectacles de Dieudonné est-il moral ? Ça sera bientôt un sujet du Bac ». Il revient ensuite sur notre président François Hollande et son discours où il déclarait qu’il n’y aurait finalement aucune réparation concernant l’esclavage des noirs. Dieudo rappelle premièrement que personne ne lui avait rien demandé sur ce sujet, mais rit surtout du désarroi de Taubira qui, comme il le souligne, a « bâti son business sur la pleurniche des négros ». Après avoir affirmé qu’il était lui contre les réparations, il en vient évidemment à la comparaison avec le traitement de la Shoah où là, il y’a multitude de réparations pécuniaires (pour en savoir plus sur le sujet, consulter le livre de Norman Finkelstein, L’Industrie de L’Holocauste qui d’ailleurs pourrait être réactualisé encore). Il se moque une fois encore avec habilité du deux poids deux mesures. Mais après ça, il reconnaît qu’on va encore dire qu’il est antisémite en tenant ce genre de propos, il lance alors « Arrêtez avec l’antisémitisme !...Vous me faites de la pub ! ». Evidemment il répond ensuite à ses adversaires avec provocation.

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Puis étant donné qu’on considère son public comme un ramassis de néo-nazis, il choisit d’inviter tous les épouvantails de la république et choisit d’abord d’interpréter un personnage de néo-nazi, Guillaume Laquiche, un belge. Avec le superbe accent qui convient, Dieudo nous fait une parodie de néo-nazi revenant sur le racisme et notamment sur le cas de Jesse Owens le célèbre athlète noir qui gagna la médaille d’or aux JO de Berlin en 1938. Dans son rôle, l’artiste rappelle qu’Owen fut, contrairement à ce qu’on a dit, très bien reçu par l’Allemagne nazie et affirma même y’avoir été mieux traité que dans son propre pays les USA. « Donc sur le racisme envers les noirs, les Rothschild ne vont quand même pas donner de leçons de morale au troisième Reich » ajoute Guillaume Laquiche précisant aussi que si la France avait plus collaboré « elle n’aurait pas perdu son AAA » selon lui. Concernant le racisme toujours, Guillaume Laquiche avoue que l’Allemagne a cru être attaquée par l’Afrique en voyant les tirailleurs sénégalais en première ligne. 

On arrive alors au sketch « Deuxième Classe Ebangué », un ancien tirailleur sénégalais qui raconte son expérience sur le front et son recrutement. L’humoriste interprète également un soldat algérien lui aussi envoyé au front. Là encore, le tout est vraiment hilarant.

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Puis vient « Monsieur Cocofesse » un antillais suprémaciste, racialiste noir. Pour monsieur Cocofesse, le noir, le « Chocoderne » est le premier homme sur terre et donc la race supérieure, alors que le Blanc, le « Vanilloderne » est dépourvu de couleur, ce qui prouve son infériorité et descend de la méduse. Dieudo caricature donc un « raciste » noir et aborde également le sujet de la colonisation en Afrique.

Puis, il choisit de donner la parole à l’un de ses adversaires Monsieur Alain Jakubowicz, le président de la LICRA, qui comme je l’ai dit plus haut avait menacé les enfants de l’artiste au tribunal. « Selon cet homme, je serais le mal absolu. J’aurais inspiré Mohammed Merah, Youssouf Fofana et une partie de la seconde guerre mondiale » déclare l’artiste. Dieudo se livre alors à une superbe interprétation de Jaku pour qui « monsieur Blablabla mablablabla » n’est qu’un « Mollah du rire qui ne fait plus rire personne ». Il demande à ce que l’acte d’acheter un ticket pour aller voir Dieudonné soit considéré comme « une complicité de crime contre l’humanité ». Il raconte ensuite comment il a « convoqué » le ministre de l’intérieur Manuel Valls. Il invite ensuite les spectateurs à quitter la salle. Dieudo revient également sur les propos de Prasquier, qui affirma que Dieudonné resterait dans l’histoire de « l’abjection » comme le premier à avoir fait rire de la Shoah.

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Puis vient « L’effet Ananas » où l’humoriste reconnaît avoir marqué avec sa chanson « shoahnanas ». Il tire un constat peu flatteur et inquiétant sur l’humour actuel et il tacle également quelques humoristes. Notamment Patrick Timsit qui s’en était pris à lui. Il ressort la fameuse phrase de ce dernier dans l’émission « C à vous », « Hitler était un génie ». Comme l’artiste le précise « heureusement qu’il avait la carte du club, sinon il était pendu sur le champ ». Puis il règle ses comptes avec son ancien collègue Elie Semoun qui, ces derniers temps, s’en était pris à lui dans des émissions télé. Dieudo détruit littéralement Semoun avec finesse mais avec beaucoup de punch également. Revenant notamment sur la chute artistique de l’humoriste dont l’heure est passée depuis bien longtemps. Il raconte même la tournée de Semoun à Tel Aviv qui avait été pris à parti par le public concernant Dieudonné. Il parle ensuite d’un SMS fictif désespéré de Semoun lui demandant s’il peut faire la première partie de ses spectacles. Dieudo refuse affirmant « au début quand on a commencé, prendre une tomate dans la gueule ça faisait partie du jeu. Mais aujourd’hui…un ananas ! ». Il entonne ensuite une version dramatique de « Shoahnanas ».

Le sketch suivant concerne donc « Le Mur », ce mur de séparation de deux monde, celui de la liberté et de la vérité et de l’autre celui du mensonge et de l’oppression. Dieudonné en profite pour tailler les médias-mensonges ainsi que l’Education nationale. Il évoque ensuite une discussion avec son fils qui est las de ce côté du mur et qui veut devenir humoriste. Dieudo lui affirme que c’est une profession qui risque de bientôt disparaître et lui conseille plutôt de se lancer dans le trafic d’organes.   

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C’est le thème du second sketch. En réalité, le sketch évoque plus le trafic de bébé, qui sera selon Dieudo amené à se développer avec le mariage pour tous. Car comme il le précise « même avec énormément d’amour, ce qui sortira ne pourra pas aller à la maternelle ». Il évoque alors le cas de l’Afrique et plus précisément du Nigéria où avait été démantelée une usine à bébé (chose malheureusement courante là bas), « Y’a qu’en Afrique que tu peux trouver des trucs pareils » lance t’il. Avant d’ajouter que les responsables se sont fait choper sans doute parce qu’il n’avait « pas payer leurs cotisations aux droits de l’homme ». Il interprète ensuite un entrepreneur d’une usine de bébé africaine recevant un couple homosexuel désirant acheter un bébé. Là encore, c’est piquant et l’humoriste caricature très bien la façon avec laquelle notre société libérale moderne fait des corps humains de véritables marchandises.

Puis il part sur « La Pédophile », sujet tabou sur lequel il affirme qu’il ne fera jamais de sketch tant c’est houleux. Mais bien évidement, il se lâche et signe un sketch bien gratiné et trash sur le sujet mais comme toujours hilarant. Il dénonce surtout la pédophilie dans les milieux politiques et judiciaires.

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« La Télévision » qu’il taille là encore à merveille, notamment sur son audience qui va en diminuant depuis des années avec l’avènement de l’ère internet. « T’es pas prêt de m’y revoir à la télé, j’me suis barré et je cours encore » dit-il. Puis, il rappelle qu’il est d’ailleurs plus ou moins interdit de télé et qu’il est notamment sur la liste de Patrick Cohen. Ce sujet avait fait polémique même avant le sketch de Dieudonné, car dans l’émission « C à vous », Cohen avait engueulé Taddéi sur certaines personnes qu’il invitait et avait dressé une liste de gens à ne plus inviter qui était composée de : Tariq Ramadan, Dieudonné, Alain Soral et Marc-Edouard Nabe, avant d’ajouter qu’ils étaient des « cerveaux malades ». C‘est donc là que Dieudonné prononce sa fameuse phrase « Quand je l’entends parler je me dis les chambres à gaz tu vois… dommage ». Dans le contexte tout le monde a compris le second degré de cette phrase, mais surtout Dieudo avait ajouté dans une représentation à la Main d’Or « Quoi ? Je dis ce que je veux, j’ai un cerveau malade !». Ici, il répond donc à la pique de Cohen simplement en jouant au « cerveau malade », tout comme il jouait avec un accent allemand hystérique après avoir été traité de nazi, dans son spectacle Mes Excuses en 2004. Mais surtout, comme le notera Gilad Atzmon, et c’est d’ailleurs très clair dans le sketch, Patrick Cohen utilise toujours le chantage à la Shoah face à Dieudonné, il n’y a donc rien d’étonnant à ce que l’humoriste le renvoie dans les cordes sur son propre terrain. De plus j‘ajouterai que quand un an plus tard, il y’eut un incendie chez les Le Pen et que Jean Marie s’en tira très bien, Stéphane Guillon déclara : « Jean Marie (Le) Pen sort indemne de l’incendie qui a ravagé son appart. Pour une fois qu’un hommage à Jeanne d’Arc nous aurait fait plaisir ». Stéphane Guillon ne sera nullement condamné pour ce propos pourtant de la même teneur que celui de Dieudonné.    

Dans son spectacle, l’artiste revient aussi avec humour et autodérision sur le fameux « Mur des cons » établit par le syndicat de la magistrature et sur lequel se trouvait sa photo. La plupart des juristes qui ont jugé l’humoriste avaient d’ailleurs participé à ce mur. « Moi je l’avoue ça m’arrive d’être un connard » reconnaît-il. 

 

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C’est sur cette réplique qu’il fait le lien avec « La fin du monde » le sketch suivant. L’humoriste évoque le phénomène qui avait pris forme fin 2012 à l’annonce de « la fin du monde ». Il joue alors un père de famille qui prétendait amener sa famille à un endroit où il serait sauvé de la fin du monde. Evidemment l’humoriste se moque là du buzz fait autour de l’évènement.

Il termine son one man show avec l’un de ses plus beaux sketchs, « Romain ». Ce sketch, tiré d’une histoire réelle, donne pour l’humoriste tout son sens au geste de la quenelle. En effet, Romain Gauderlot était un jeune homme de 17 ans, atteint d’un cancer et qui était en phase terminale. Ce dernier avait attiré l’attention de l’humoriste en lui envoyant une photo quenelle devant le scanner de l’hôpital alors qu’il était en pleine chimiothérapie. En réalité, l’histoire de Romain est liée à une association appelée « Make-a-Wish » (« fais un vœu ») qui permet aux jeunes entre 2 et 18 ans qui sont en phase terminale ou atteint d’une maladie grave, de réaliser leur rêve comme par exemple rencontrer la personnalité de son choix.  Romain demandera à rencontrer Dieudonné. L’humoriste joue d’ailleurs la situation de façon hilarante. Ce fut en fait la mère de Romain qui contacta l’artiste qui, de son côté, organisa la rencontre et invita même Romain à monter sur scène à l’avant première de son film Métastases (qui traite donc justement du cancer). C’est là que Romain fit une quenelle sur scène. Il en fit plusieurs et Dieudonné y vit là une forme de panache, une quenelle glissée à la maladie et à l’institution médicale. Sur le sketch, l’humoriste ne se prive pas d’aller dans l’humour noir comme dans son sketch sur le cancer du spectacle Mahmoud. Il termine alors en jouant Romain peu avant de mourir qui glisse une quenelle « dans le fion de la peur ».

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Ainsi se termine Le Mur, le spectacle interdit. Une fois encore, ce spectacle ne rentre pourtant pas sur le podium des plus transgressifs de l’humoriste. Quoiqu’il en soit, c’est un show de très haut niveau et de grande qualité. Très bonne mise en scènes, répliques parfaites témoignant encore d’un très grand talent d’écriture, et interprétation magistrale comme d’habitude.

Comme à chaque spectacle tout le monde, en prend pour son grade ! Toutes les communautés, toutes les races, tous les étages de la société.

Dieudo ne perd pas la main avec ce nouveau spectacle hilarant et remarquablement bien foutu.   

La polémique qui entoure Le Mur est ridicule mais témoigne du danger de la censure. Comme le rappela Bruno Gaccio : « Dieudonné, y’a dix ans, on a dit ‘’On va lui faire fermer sa gueule’’, tout le monde ! Déjà faire fermer sa gueule à un artiste je trouve pas ça joli. Dix ans après : 5600 tickets vendus au Zénith, dans tous les zéniths de France, on a pas réussi. ». On peut en effet très bien voir quelle fut la stratégie du système contre l’artiste depuis dix ans. On a d’abord crée le scandale médiatique pour le tuer artistiquement. Echec, puisque ça lui a surtout fait de la pub, ensuite on a évité de parler de lui sauf quand ça pouvait contribuer à sa diabolisation. Là encore échec total, le parrainage avec Le Pen en témoigne. On a donc usé de ce qu’on appelle la stratégie de l’édredon, à savoir plus un mot sur Dieudonné pour le faire oublier et disparaître. Là encore, c’était sans compter l’espace de liberté que procure internet. En 2013, Dieudo avait atteint des sommets de popularité. Plus possible de faire semblant de l’ignorer et d’agir comme s’il n’existait pas. II fallait donc contre-attaquer. Là aussi, on a tenté la diabolisation, mais ça n’a pas marché, car c’était grotesque. On collait tellement d’étiquettes à Dieudonné pour le diaboliser que ça en devenait non seulement ridicule mais contradictoire. Il était un « néo nazi noir antisémite », « un gourou manipulateur obsédé par l’argent » « un islamiste prônant le terrorisme » mais également « un supporter du Front National » entre autres.

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Dieudonné était inarrêtable et le système a dû tomber le masque et le vernis et passer par la répression en interdisant. On ne cherchait plus à convaincre les gens on leur interdisait. Comment peut-on dans un pays démocratique empêcher les gens d’aller voir un spectacle pour rire ? Comment peut-on mépriser l’avis de tous les spectateurs qui vont le voir par milliers dans toute la France ?

Nous sommes donc arrivé aux extrémités où le conseil d’état définit ce qui est drôle ou ne l’est pas.

Par le passé, l’histoire nous a montré qu’on a interdit d’agir, interdit de parler, mais c‘est sans doute la première fois dans l’histoire qu’on interdit de rire ! C‘est dire la gravité de la situation. Nous avons même perdu le droit de rire librement. Après janvier 2014, il y’aura désormais un cadre juridique qui définira le rire. Même George Orwell n’aurait pu imaginer un truc pareil. Le DVD du spectacle Le Mur sera lui aussi interdit à la vente par la LICRA. Mais concernant seulement la décision du conseil d’état, même Jack Lang la définit comme illégale.

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Aujourd’hui, le DVD du spectacle est donc devenu un objet culte et underground (dans le vrai sens du terme).

Certes, le système a gagné la bataille sur le plan juridique mais l’a lamentablement perdu sur le plan intellectuel et moral. Suite à ses polémiques Dieudonné verra son nombre de fans croître à vitesse grand V. Il est vrai que comme ont pu le dire certains détracteurs, cette polémique lui a fait de la pub, l’artiste le dit lui-même. Mais c’est un juste retour des choses après l’acharnement honteux (les pressions, les amendes et les attaques) qu’il a subi. Dieudonné est ressorti plus fort de ses épreuves et le gouvernement a ajouté à son discrédit.

Oui l’artiste a subi un acharnement révoltant. Mais qu’est ce qui leur a fait tant peur chez Dieudonné pour s’acharner sur lui à ce point ? Tout simplement son aura. On le sait, l’artiste rassemble des gens de toutes conditions, de toutes opinions et de toutes catégories sociales ou culturelles. Il compare lui-même son public à une boîte de crayons de couleur. Dans son public on trouve des blancs des noirs, des arabes, des juifs (si si !), des asiatiques…. La France « black, blanc, beur » voulu par le gouvernement, c’est Dieudonné qui la représente sans doute mieux qu’eux. Le phénomène de la quenelle en témoigne. Ce geste fait peur au système, non pas parce qu’il serait un soit disant « salut nazi inversé », mais bien parce qu’il s’agit d’un geste antisystème très populaire. Le gouvernement s’inquiète de voir des étudiants, des ouvriers, des infirmiers, des pompiers, des militaires, des policiers, des serveurs de bars et même des sportifs de haut niveau faire ce geste. La quenelle est un mouvement populaire et ce qui les effraie, c’est de voir l’ampleur de ce mouvement. Dieudo l’avait annoncé « 2014 sera l’année de la quenelle », ce fut bien le cas et cela malgré les poursuites judiciaires. 

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L’humoriste recevra également le soutien courageux de quelques personnalités telles que Bruno Gaccio, Alexandre Astier, Plantu, Jean Marie Le Pen, Gilad Atzmon, Nicolas Anelka, Yannick Noah…

Certains humoristes comme Laurent Baffie et Christophe Alévêque qui ne soutiennent pas l’humoriste s’opposeront cependant à l’interdiction du spectacle.    

Mais plus que tout, une fois encore, le public de Dieudo grandit, et c’est la parole du peuple qui est la plus importante.

Pour terminer sur la polémique, je citerai une phrase du livre Interdit de Rire : « Et si certains propos de l’humoriste déplaisent à ses opposants, ils ont toujours la liberté de ne pas se rendre à ses représentations. Alors pourquoi retirer à ceux qui apprécient Dieudonné la liberté d’assister à ses spectacles ? Pourquoi laisser les détracteurs de Dieudonné décider pour ceux qui comprennent son humour ? »

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La situation est donc claire est limpide, ceux qui n’aiment pas Dieudo ne sont pas forcés d’aller le voir, et ceux qui l’apprécient devraient être libre de se rendre à ses spectacles, point final !

Le Mur reste donc un spectacle polémique qui marquera l’histoire de l’humour français par ses polémiques mais également par sa qualité.                                                       

                   

Note : 18/20

Note Quenellière : Quenelle de 300