E-Pôle-Art

14 juillet 2016

Nouvelles du Blog

Bonjour à tous !

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En ce jour de fête nationale, un petit message pour vous donner des nouvelles du blog. Les fidèles auront remarqué qu'il est au point mort depuis un moment. Je dois vous avouer que j'ai été très pris en ce moment, mais que l'activité devrait reprendre je l'espère le mois prochain.

 

Merci de votre fidélité !

 

Vince 12

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28 juin 2016

Hommage à Bud Spencer

Hommage à Bud Spencer,

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L'ex champion de natation et acteur inoubliable des westerns spaghettis tels que Les 4 de l'Ave Maria, On l'Appelle Trinita ou encore On Continue de l'Appeller Trinita. Le gros papa baston vient de nous quitter à l'âge de 86 ans. Et même si ce n'était pas un grand acteur de composition, il m'a fait passer de bons moments et perso il me manquera.

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Adieu à toi Bud !

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20 juin 2016

Pause

Petite Pause momentanée.

Le Blog devrait reprendre ses acrivités d'ici quelques semaines.

 

Merci pour votre fidélité.

 

Vince 12

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17 juin 2016

The Fight of Their Lives

 

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Catégorie : Cinéma

Genre : Documentaire

Année : 2011

Public : Tous Publics

Durée : 53 minutes

Nation : USA/Royaume Uni

Réalisateur : Gabriel Clarke et John McKenna

Intervenants : Nigel Benn, Gerald McClellan, Lisa McClellan, Frank Bruno, Kevin Sanders, Stan Johnson, Alfred Asaro

Sujet : Le 25 Février 1995 au London Arena de Londres au Royaume-Uni, devant 15 000 spectateurs, se prépare le choc de la soirée. Le championnat du monde de boxe des poids Super-Moyens entre le britannique Nigel Benn et l’américain Gerald McClellan. Un combat qui va s’avérer encore plus brutal, plus violent et surtout plus dramatique que prévu. Des années plus tard, les principaux acteurs de cet évènements tragique évoquent cette soirée qui a à jamais marqué leurs vies.

 

Analyse critique :

(Attention SPOILERS !)

Cela faisait longtemps que je n’avais pas parlé de boxe et ceux qui me connaissent savent que c’est un sport qui me fascine. Il fascine également le cinéma mais également les documentaires. On citera bien sûr When We Were Kings, le plus célèbre. Souvent ces documentaires nous renvoient au moment de gloire de la boxe. Mais le noble art a aussi ses côtés obscurs. Il connaît également des drames. Aujourd’hui c’est l’un de ses évènements dramatiques qu’aborde ce documentaire réalisé en 2011, j’ai nommé The Fight of Their Lives.        

Nous sommes en 1995 et se prépare un super championnat du monde des super-moyens entre deux cogneurs impitoyables : Nigel Benn et Gerald McClellan. Deux combattants incroyables. Et comme le veut la tradition, présentons d’abord le Challenger : l’américain Gérald McClellan alias le « G-Man ».

 

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Originaire de Freeport, McClellan a eu une bonne carrière amateur au cours de laquelle il a notamment battu la future légende des rings : Roy Jones Jr. Passé pro, McClellan a bien vite montré des capacités physiques hors du commun. Une très grande résistance et une force de frappe phénoménale qui en fait l’un des boxeurs les plus puissants jamais vu sur un ring. Très intimidant avec son regard assassin et ses phrases glaciales, McClellan est vu (notamment par Don King) comme le Mike Tyson des poids moyens. Dans cette catégorie, il rase tout sur les rings et s’empare de deux ceintures de champion du monde ! McClellan n’est pas un assommeur, il fait partie de la classe des « tueurs », ce genre de boxeur qui sur un seul coup peut briser votre carrière ou votre vie. C’est également un grand habitué des épreuves de forces, puisqu’il a démoli par des KO expéditifs des « tueurs » de son envergure tels que Julian Jackson et John Mugabi. McClellan paraît inarrêtable. Pourtant son image est peut être encore plus terrifiante hors du ring. Passionné par les Pitbulls, il organise apparemment des combats de chiens. Une anecdote raconte qu’il aurait même muselé un labrador et l’aurait livré à un pitbull (impossible aujourd’hui de savoir si cela est vrai ou si c’est une exagération voulue par la légende). Alors à son apogée, il décide de faire un sot dans la catégorie supérieure des super-moyens (dans laquelle évoluent notamment des combattants tels que Roy Jones et James Toney) pour y défier le champion du monde WBC Nigel Benn.

 

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Le moment est donc venu de parler du champion Nigel Benn alias « No Fear » ou « Big Benn ». A l’instar de McClellan, il détient lui aussi une très grande force de frappe et laisse la majorité de ses adversaires sur le carreau. Il est originaire d’Ilford en Angleterre et il domine la catégorie des Super-Moyens depuis 1992. Il a cependant connu des difficultés face à son compatriote Chris Eubank, contre lequel il a concédé une défaite par KO en 1990 et un match nul en 1993.

L’affiche fait fureur et attire les foules. Un combat de choc se prépare. McClellan est donné favori par la majorité des observateurs.

 

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La préparation du combat est suivie de près. Le combat se déroule dans le pays du champion en Angleterre et plus précisément à Londres. C’est la première fois que le « G-man » combat hors des Etats Unis. Il fait fureur en débarquant accompagné de deux pitbulls.

Bien vite la tension monte à l’approche du combat. La rivalité entre les deux ennemis jurés s’accroît. Selon les rumeurs, McClellan aurait déclaré qu’il ne voulait pas seulement battre Benn mais le laisser mort sur le ring. On ignore si McClellan a pu dire ça au propre ou au figuré, ou si c’était juste de la promo. Toujours est-il qu’au vu du premier round du combat, on peut légitimement penser qu’il a réellement cherché à tuer son adversaire.

 

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Le combat arrive enfin au London Arena, devant une foule passionnée, majoritairement britannique et donc en faveur du champion. Dans la salle se trouvent notamment les champions de boxe anglais : « Prince » Naseem Hamed et Frank Bruno.

McClellan, fait donc son entrée en premier sous les sifflets et les hués, alors que Benn entre triomphant sous les applaudissements de ses compatriotes. Pour arbitrer la rencontre, les fédérations ont curieusement fait appel à Alfred Asaro, un arbitre français qui ne parle pas l’anglais et qui a peu d’expérience pour ce genre d’évènement.

 

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Dés le premier round le ton est donné, le « G-Man » se jette tel un pitbull sur le champion et au bout de seulement quelques secondes, il l’assomme dans les cordes avec une lourde droite et s’acharne avec une violence inouïe sur un adversaire désormais sonné et sans défense. Benn gît au sol de l’autre côté des cordes dans la partie extérieure du ring. Mais solide, « No Fear » se relève et repart à l’assaut. Une polémique naîtra après le combat, certains, dont le clan McClellan, affirmera que Benn avait bénéficié d’un décompte trop long et qu’il n’était pas revenu à temps sur le ring, ce qui aurait dû donner la victoire par KO au premier round à l’américain. Benn parvient à survivre difficilement jusqu’à la fin de cette première reprise.  

  

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Dés le second round, le champion, courageux, revient dans le combat. Il boxe de toute évidence mieux que McClellan et parvient à l’atteindre avec de larges crochets en pleine mâchoire. Le britannique retourne la situation à son avantage et domine la plupart des rounds suivants. McClellan est durement touché. Mais son incroyable capacité de résistance se dévoile, il ne tombe pas malgré la puissance des coups portés par Benn. Il continue à lutter farouchement mais il boxe le protège dents dehors et semble montrer des signes de douleurs et de fatigue. Dans le huitième round, McClellan est très sévèrement touché et sonné. Il titube, mais tel un pitbull, il se rebiffe et fait parler sa droite meurtrière et parvient à retourner la situation de façon incroyable en envoyant une seconde fois Benn au Tapis. Ce dernier se relève et toujours aussi déterminé repart à l’assaut.

 

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Dans la neuvième reprise, le champion a repris le dessus et bouscule son adversaire. Il veut désormais lui porter le coup de grâce, il s’élance alors avec une énorme droite que McClellan parvient à éviter. Mais dans sa lancée, Benn perd l’équilibre et tel un bélier, son crâne va percuter de plein fouet le visage de McClellan. Ce dernier sonné par le choc veut récupérer et l’arbitre Alfred Asaro commet sans doute une erreur en ne lui laissant pas suffisamment de temps pour reprendre ses esprits. Le « G-Man » termine le round avec difficultés sous les énormes frappes de son adversaire.

 

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A la dixième reprise, McClellan se met à cligner des yeux de façon anormale. Benn voyant son désarroi se jette sur lui. Sonné et sous la puissance des coups, l’américain fini par poser un genou à terre. Il se relève mais il semble littéralement hors de combat. Il finit lui-même par s’accroupir sous les coups de Benn. Cette fois, McClellan ne se redresse pas au terme compte des 10 secondes. Benn est vainqueur par KO au dixième round. Alors que le britannique célèbre sa victoire, l’américain retourne dans son coin et est pris de terribles douleurs cérébrales. Il finit par perdre connaissance et est évacué d’urgence de l’arène. Alors que de son côté, Benn, triomphant, retourne dans les vestiaires sous les acclamations de la foule, avant de s’effondrer subitement au sol évanoui.

 

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Une soirée riche en émotions fortes. Les deux hommes sont menés à l’hôpital. Benn en ressort rapidement couvert de pansements sur le visage, alors que McClellan reste dans le coma. Il n’en sortira que plusieurs semaines plus tard. Les médecins constateront alors des lésions irréversibles au cerveau. Il ne remontera plus jamais sur un ring.

De son côté Nigel Benn, ne boxera plus jamais de la même façon et l’année suivante il connaîtra une série de défaites avant de prendre sa retraite.

 

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Des polémiques éclateront concernant le combat notamment au niveau de l’arbitrage qui sera remis en cause. Le coin de McClellan accusera même Benn de dopage.

Des années plus tard les traces de ce drame sont toujours là. McClellan n’était sans doute pas le gars le plus attachant qu’on ait vu, il a sans doute fait des choses condamnables et certains pourraient y voir justice. Pourtant c’est un tout autre homme aujourd’hui. Ses lésions au cerveau ont pris de l’ampleur et l’ont laissé lourdement paralysé sur un fauteuil roulant. Le moindre mouvement lui prend des heures, il est désormais aveugle, quasiment sourd et à moitié amnésique. Amoindri et la voie fluette, il n’est plus la terreur des rings mais un pauvre infirme ravagé (et le mot est faible) vivant désormais avec sa sœur. Il ne reçut que peu d’argent en dédommagement du promoteur Don King qui, comme à son habitude, se montrera peu honnête envers son boxeur.

 

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Benn de son côté est en forme physique mais détruit moralement par la culpabilité. En 2007, il rencontrera McClellan pour la première fois depuis leur combat, lors d’un gala de charité qu’il a organisé en son honneur. Il ne pourra contenir son émotion.

Depuis, Benn a organisé plusieurs fois ce genre d’évènements. Aujourd’hui, pourtant ce combat fait toujours débat dans le monde de la boxe. Comment cela a t’il pu arriver ? A qui incombe la responsabilité ? Sur ce point là, le coin de McClellan et l’arbitre se renvoient la balle mutuellement. Nul doute qu’il y’a eu du tort des deux côtés. Cependant Lisa McClellan, la sœur de Gerald tient plus le coin pour responsable.

 

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Toujours est-il que cela ne changera rien au drame qui s’est déroulé.

Un drame que relate parfaitement cet excellent documentaire sorti en 2011.

Ici, interviennent les principaux acteurs de cet évènement, à commencer par les deux boxeurs. Puis également leur entraîneur, leur famille, l’arbitre, les promoteurs, d’autres boxeurs…

 

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On a également droit à beaucoup d’images d’archives et notamment celles du combat. Le combat se suit d’ailleurs tout le long du documentaire entrecoupé par les interventions des protagonistes. Le montage est donc original et structuré.

Il parvient à faire ressortir le choc de cet évènement qui a marqué l’histoire de la boxe.

Brillamment réalisé, il pose des questions pertinentes sur les limites du sport et les dangers qui en découlent. La boxe est un sport dangereux, mais pour beaucoup d’intervenants présents, elle a servi à sortir de la misère beaucoup d’hommes et les a parfois sauvé d’une vie moins enviable.

 

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Le point fort du documentaire est cependant sa neutralité et son refus de prendre parti ou position. Il laisse s’exprimer tous les intervenants avec objectivité.

La réflexion sur les faits n’est donc pas innée dans l’œuvre mais vient dans l’esprit du spectateur qui se fera son idée.

Ce documentaire ne fit pas parler beaucoup de lui à sa sortie, il n’a d’ailleurs jamais été traduit en français. Cela dit il ne s’agit pas de grandes stars de la boxe. De plus c’est plutôt le genre de film qui fait de la mauvaise pub à un « noble art » devenu très lucratif.

 

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Quelque part, The Fight of Their Lives est l’anti When We Were Kings.

Il n’en reste pas moins un documentaire choc, percutant, émouvant et très réussi.

      

 

 

Note : 17/20

14 juin 2016

Terminale

 

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Catégorie : Cinéma

Genre : Drame

Année : 1998

Public : Tous Publics

Durée : 1H40

Nation : France

Réalisateur : Francis Girod

Acteurs : Bruno Wolkowitch, Jean Michel Dupuis, Adrienne Pauly, Eléonore Gosset, Loïc Corbery

Synopsis : Dans un petit lycée parisien, une bande d’amis, composée de quatre garçons et trois filles en Terminale, se prépare pour passer le bac. Arrive alors Monsieur Terrien un professeur de philosophie séducteur et charismatique. Bien vite, des évènements étranges se produisent. Caroline, une jeune fille, se suicide en plein cours de philosophie en sautant par la fenêtre. Le reste de la bande choqué décide d’enquêter et découvre que Caroline avait été séduite par Terrien qui l’avait rejetée violemment après avoir couché avec elle. Mais pire ! En enquêtant sur Terrien, ils réalisent que ce dernier est un négationniste néo-nazi. L’heure de la vengeance a sonné…

Analyse critique :

(Attention SPOILERS !)

Aujourd’hui sur E-Pôle-Art, je vous propose un petit film français totalement méconnu, quasi-introuvable baptisé Terminale réalisé en 1998 par un certain Francis Girod. Alors Francis Girod c’est un réalisateur, producteur et scénariste français, membre de l’académie des beaux-arts qui a fait quelques films, dont le plus célèbre est probablement La Banquière avec Romy Schneider. Et donc en 98, ce monsieur Girod réalise le film Terminale.

Comme je le mentionnais, ce film est très peu connu et difficilement trouvable. Les raisons sont assez évidentes : le film est vraiment très médiocre et cela même dans l’optique d’adhérer à son contenu. Le peu de critiques qu’il a reçu étaient très majoritairement négatives. Notamment car la réalisation est franchement à chier et que le fond est d’un manichéisme assez spectaculaire et propagandiste. C’est d’ailleurs pour cela en fait que j’ai décidé d’aborder ce film.  

  

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Le speech est donc simple : Une bande de lycéens s’apprête à passer le bac quand débarque Rémi Terrien, professeur de philosophie qui ne passe pas inaperçu avec son charisme autoritaire et son charme séducteur. Il fascine bien vite les élèves. Mais un jour, en plein cours de philo, Caroline, une jeune fille de la bande se suicide en se jetant par la fenêtre. Le choc est rude pour sa bande de copains. Qu’est ce qui a pu pousser Caroline à se suicider en plein cours de Terrien ? Pour les élèves, cela est lié au prof en question. Ils décident d’enquêter et vont découvrir que Terrien avait séduit Caroline et avait même couché avec elle (pédophilie, étant donné qu’elle n’était pas encore majeure) puis l’avait rejetée avec mépris. Le cœur brisé Caroline s’était alors suicidée. Terrien devient alors bien vite un salaud aux yeux de notre bande de lycéens. Mais le pire reste à venir : Nos lycéens découvrent que Terrien est un négationniste flirtant avec les milieux d’extrême droite.

A partir de là Terrien devient le monstre, le mal absolu qu’il faut à tout prix abattre pour les élèves.

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Voilà donc pour les grandes lignes de l’intro. Des élèves doivent faire face à un prof pervers, révisionniste et au final « nazi ». On pourrait se demander où les scénaristes Francis Girod et Gérard Miller (oui, on parle bien du psychanalyste gauchiste et chroniqueur télévisé) sont allé chercher cette idée.

Bien qu’aucune source officielle ne soit citée, il est plus que probable que le film s’inspire de « l’affaire Reynouard » qui a avait quelque peu défrayé la chronique un an auparavant. L’affaire s’était déroulée à Honfleur en 1997, soit un an avant la sortie du film de Girod. Pour ceux qui ne connaîtraient pas les faits, Vincent Reynouard était professeur de chimie dans un lycée. On découvrit alors qu’il était également un militant révisionniste qui rédigeait notamment des thèses dites négationnistes sur l’Holocauste. L’affaire éclata et fit scandale. Vincent Reynouard fut à l’époque exclu de l’Education Nationale et condamné en justice (depuis, il est devenu le révisionniste français le plus actif sur le net et est d’ailleurs actuellement en exil au Royaume-Uni pour échapper à une peine de deux ans de prison ferme). Nul doute que c’est donc là l’histoire qui a inspiré Girod et Miller. Cela dit, nous verrons plus loin qu’il y’a des différences de taille entre la fiction et la réalité.

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Pour en revenir au film donc, nos chers élèves n’ont désormais qu’une obsession, faire payer Terrien pour sa liaison avec Caroline et surtout pour ses idées. S’en référant d’abord sans succès au proviseur, ils organisent un traquenard dans une petite libraire où Terrien distribue ses ouvrages. Masquées et armés de bâtons, ils saccagent tout et molestent Terrien. Mais cela ne suffit pas à nos jeunes lycéens. Pour eux Terrien doit subir l’ultime châtiment : la mort. Ils fomentent alors une tentative d’assassinat et le film prend une nouvelle ampleur dramatique. Alors qu’ils se rapprochent petit à petit de leur but machiavélique on s’attend à une intervention extérieure qui va faire réaliser aux adolescents la folie de leur projet et les faire abandonner. Mais non, Ils iront jusqu’au bout et assassineront Terrien. Le film termine alors sur cette phrase « Le Pire avec les salauds, c’est qu’ils vous donnent envie de tuer ».

Je dois dire que c’est un choc de voir un film assumer à ce point un tel parti pris. Mais revenons à l’œuvre en elle-même.

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Premièrement, sur le plan technique le film est sans style et vraiment médiocre, digne d’un mauvais téléfilm. Les prestations vont de moyennes à laborieuses. Celui qui s’en tire le mieux est sans doute Bruno Wolkowitch qui est cependant dans la caricature pour le rôle du professeur Terrien. Rien à sauver à ce niveau là donc, le film est vraiment pitoyable.

Mais il l’est d’autant plus dans son fond. Ici on comprend bien que Terminale est un film « antifasciste ». Nos jeunes lycéens de gauche vont devoir lutter à mort contre le diabolique professeur d’extrême droite. On passera sur le manichéisme ambiant et on insistera davantage sur le paradoxe de ce genre de films qui deviennent plus « fasciste que les fascistes » si j’ose dire. En gros Francis Girod justifie sous nos yeux le meurtre, et même le meurtre idéologique. « Tu n’es pas dans notre camp, donc tu es un facho, donc tu mérites la mort, donc je te tue car tu m’y obliges ». Tel est en fait le message grossier de ce  film. C’est d’ailleurs seulement sur ce plan là que Girod se montre un peu habile. Il justifie d’abord l’action envers Terrien du fait qu’il ait poussé indirectement Caroline au suicide, c’est l’évènement déclencheur. Et c’est juste après cela, que ses idées sont évoquées et deviennent ici une circonstance aggravante justifiant le meurtre. Et plus le film avance, moins il est question de la mort de Caroline mais des idées de Terrien (sous-entendu : les idées sont pires que les actes, même que les meurtres). Peut-on imaginer une vision plus totalitaire ? Qu’on rejette les idées de Terrien se conçoit parfaitement, mais qu’on le tue pour cela…Mais pire ! La dernière phrase : « Le Pire avec les salauds, c’est qu’ils vous donnent envie de tuer », vient enfoncer le dernier clou. Non seulement « le facho » mérite la mort pour ses idées, mais plus que cela, il est doublement coupable car il fait naître en nous l’envie de meurtre. Il doit donc purement être éradiqué à l’image de Terrien. Tel est le message véhiculé.

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J’insiste beaucoup sur le fond, pour en faire percevoir la gravité. Il s’agit ici de criminaliser les idées et de justifier leur combat par le meurtre et la violence physique. Aujourd’hui, je ressens l’écho de Terminale à travers les actes de violence perpétrés par certains groupuscules d’extrêmes gauche. Quand l’anti-totalitariste devient lui-même le plus grand des totalitaire et justifie le meurtre de ceux qui ont les idées qu’il rejette.

 

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Mais au final, Terminale est le film d’une réalité manichéenne qui n’existe que dans la tête de Francis Girod. Et pour preuve, comparons la fiction à la réalité. Comme je le mentionnais plus haut, le film s’inspire très probablement du cas de Vincent Reynouard qui défraya la chronique un an avant la sortie du film. Tout comme Terrien, Reynouard était professeur en lycée (de chimie et non de philosophie cependant) et était un militant révisionniste proche des idées d’extrême droite. Cependant, il y’a deux différences majeures entre le film et la réalité :

- La première, Vincent Reynouard, contrairement à Terrien dans le film, n’a jamais couché ni eu de rapports sexuels avec une de ses élèves.

- La seconde, les élèves de Reynouard, contrairement à ceux de Terrien dans le film, n’ont jamais cherché à assassiner leur professeur mais l’ont au contraire largement soutenu en manifestant et en formant un comité de soutien et une pétition pour qu’il ne soit pas radié de l’Education Nationale. De plus, certains élèves, l’ont aidé à son déménagement suite à sa révocation et son départ d’Honfleur. Ces élèves, étaient-ils tous des révisionnistes comme monsieur Reynouard ? Non, probablement pas, mais sans doute savaient-ils faire la part des choses contrairement à ceux de Terminale.

 

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Avec Terminale, Francis Girod a réalisé quelque chose qu’il n’est pas loin d’être un appel au meurtre.

Bien évidemment on ne peut criminaliser un film, au risque de devenir comme monsieur Girod, mais on peut juger sa qualité, ce que saura faire le public et la critique qui bouderons Terminale. Depuis, il est devenu très difficilement trouvable et a quasiment disparu de la circulation. Peut être que son auteur en a finalement eu honte. 

 

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Un film propagandiste à l’idéologie plus que limite et à la réalisation minable.            

               

          

Note : 0/20

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10 juin 2016

Léon Degrelle: Autoportrait d'un Fasciste

 

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Catégorie : Cinéma

Genre : Documentaire

Année : 1976

Public : Tous Publics

Durée : 2H26

Nation : Belgique

Réalisateurs : Jean Michel Charlier

Intervenants : Léon Degrelle, Robert Poulet, Ausguste De Schryver, Antoine Delfosse, l’Abbé Fierens, Colonel de Lovinfosse.

Sujet : Autoportrait du légendaire Léon de Degrelle, d’abord chef de Rex, parti politique nationaliste en Belgique dans les années 30, puis Volksführer Waffen SS dans la légion Wallonie pendant la seconde guerre mondiale. Degrelle raconte son enfance, ses débuts en politique, son ascension rapide, son rôle dans la guerre, sa vie sur le front de l’Est, sa rencontre avec Hitler et aussi sa vision du monde.

 

Analyse critique :

Récemment sur E-Pôle-Art, nous avons abordé le personnage de Léon Degrelle à travers un documentaire intitulé La Führer de Vivre. A sa sortie en 2009, ce film fit polémique de par son sujet et surtout le refus de prendre parti et d’adopter un point de vue neutre.

Pourtant La Führer de Vivre n’a rien inventé, car dés 1976, un documentaire de la même teneur était réalisé sur le personnage le plus sulfureux de l’histoire de Belgique.

Jean Michel Charlier est surtout connu pour son superbe travail dans la bande dessiné, pourtant cet artiste franco-belge a également réalisé des émissions télévisées. Dans les années 70, il présentait notamment l’émission « Les Dossiers Noirs », série documentaire sur plusieurs sujets délicats. L’épisode le plus marquant et le plus controversé fut celui qu’il décida de dédier à Léon Degrelle.

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Charlier savait pourtant où il mettait les pieds. Il déclara lui-même « J'avais lu plusieurs des livres de Léon Degrelle. Je savais de quelle façon il y ‘’assassinait’’ certaines très hautes personnalités belges, disparues ou encore vivantes. C'était m'attirer gratuitement et avec certitude les pires ennuis que de tourner quoi que ce soit sur lui. Voilà pourquoi, à la question insidieuse du journaliste qui m'interrogeait à ce sujet, je répondis sans hésiter que consacrer un « Dossier Noir » à Degrelle, c'était jouer avec de la dynamite.».

Ce documentaire de Charlier va en effet vite être retiré de la circulation pour avoir remis au goût du jour un tabou extrême. Ce n’est que bien des années plus tard avec l’ère du Net que Dossier Noirs : Léon Degrelle retrouvera une seconde vie.

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Si le film a été banni des réseaux officiels, c’est certes en raison de son sujet, mais aussi du traitement de ce sujet. Ici, Jean Michel Charlier décide d’adopter un point de vue totalement neutre sur les évènements. C’est d’ailleurs cette même neutralité qu’on retrouvera plus tard avec plus de timidité cependant dans Léon Degrelle ou La Führer de Vivre.

Charlier décide de réaliser un film montrant toutes les étapes de la vie de Degrelle, une biographie constructive. Et pour se faire, il décide d’aller carrément s’adresser au concerné n°1 en personne : Léon Degrelle. Dans les années 70, ce dernier condamné à mort par contumace, vit exilé en Espagne sous le régime de Franco. Charlier se rend donc à sa demeure et interviewe Degrelle. C’est donc lui qui va raconter son histoire et faire ainsi de ce documentaire une autobiographie. Autant dire que ce parti pris de Charlier condamnait le documentaire aux polémiques et aux ennuis.   

 

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Cela dit, le réalisateur donne également la parole à d’autres intervenants. Notamment Robert Poulet, écrivain belge connu, condamné à mort en 1945 pour « collaborationnisme » avant que sa peine ne soit transformée en exil. On retrouvera également deux anciens ministres du gouvernement provisoire belge de Londres : Ausguste De Schryver, Antoine Delfosse ainsi qu’un historien et un ancien rexiste anonyme.

Le film de Charlier se veut captivant dans le sens où il raconte chronologiquement tous les évènements extraordinaires qui ont formé la vie de Degrelle. Pour cela, le réalisateur a carrément divisé son œuvre en deux parties formant deux épisodes : « Le Chef de Rex » et « Le Volksführer ».

 

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Le Chef de Rex

Dans cette première partie, une voix off nous rappelle que Degrelle et l’un des rares hauts dignitaires nazis célèbres à être encore en vie et à vivre en Espagne. Léon Degrelle apparaît alors à l’écran et commence à raconter.

Né le 15 juin 1906 dans la petite ville de Bouillon dans les Ardennes belges, d’un Père d’origine française et d’une mère d’origine allemande, l’enfant Léon grandit dans une famille catholique élevé à la dure. Enfant de cœur, il se lève tous les jours à six heures pour sonner les cloches et servir la première messe. Il baigne donc dans une éducation religieuse et chrétienne mais également dans la politique. Son père est en effet député provincial du Luxembourg belge. Dés sa plus tendre enfance, le petit Léon rêve de devenir premier ministre.

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Mais il a également déjà un côté aventurier et il part explorer la France et l’Allemagne à bicyclette.

Adolescent, il entre au collège des jésuites. Là bas, il se fait remarquer lors d’un sondage de l’Action Catholique et plus précisément des « Cahiers de la Jeunesse Catholique » consistant à connaître le maître à penser des élèves. Degrelle répondra : Charles Maurras le grand essayiste et poète nationaliste et subversif français. Il organise ensuite une petite campagne auprès des étudiants et parvient à obtenir un vote de 70% en faveur de Maurras. L’affaire prend une ampleur inattendue. Le Cardinal Andrieu de Bordeaux demande au Pape de condamner l’action française et Charles Maurras. C’est là le premier fait saillant du jeune Léon. C’est le début de ses actions.

 

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Plus tard à l’université de Louvain, il est l’animateur du quotidien estudiantin « L’avant-garde » qu’il remplit de copieux canulars. Il devient donc rapidement la star de l’université. Puis il rentre au journal catholique « Le Vingtième Siècle ». C‘est là qu’il fera notamment la rencontre d’Hergé, le père de Tintin avec lequel il deviendra ami. Il effectue alors un reportage sur les taudis et la pauvreté. Il sera si bien réalisé qu’il donnera naissance à un livre préfacé par le ministre du travail de l’époque. Il rédigera ensuite un petit livre sur les conflits entre flamands et wallons. Il écrira plusieurs autres publications de la même teneur mais également des romans.

Monseigneur Picard chef de l’action catholique, lui confie alors une vieille maison d’édition pour ses activités. Degrelle admire Picard et veut avec lui redorer le blason de la religion chrétienne qu’il trouve trop attaché à la bourgeoisie et au capitalisme et pas accessible au peuple. Celui qu’on surnomme « Le Beau Léon » crée alors les éditions « Rex » qui vont devenir une affaire florissante. Degrelle publie énormément d’articles et de brochures en tout genre. Le succès est tel qu’apparaît le terme « Rex Appeal ». Il lance ensuite « Soirée » magazine radio et cinéma. Là encore, le succès est énorme.

 

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En 1932, il se marie avec une jeune fille d’industriel français. Puis il lance l’hebdomadaire littéraire « Rex », en référence à ses éditions. Là encore, le succès vient rapidement, Rex proposant une publication innovante et mettant en avant des textes d’auteurs oubliés. 

Mais Degrelle passe à l’étape supérieure avec sa nouvelle publication « VLAN » qui cette fois, va sur le terrain de la politique. En tant que fervent catholique, Degrelle entend dénoncer tous les hommes politiques catholiques détournant leur foi et donnant dans la magouille financière. Cependant ces gens là ont de l’influence sur le pays et l’Action Catholique derrière Degrelle voit désormais d’un mauvais œil cette attaque de certaines personnalités religieuses haut placées. Le Cardinal Van Roey qui avait préfacé un livre de Degrelle se retourne subitement contre lui. Ces imprimeurs commencent à le lâcher, de même que l’Action Catholique préfère rompre à l’amiable ses relations avec lui. Il se retrouve alors dans une fâcheuse posture.

 

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C’est alors qu’éclate l’affaire de la Vierge de Beauraing. Dans cette ville belge des enfants affirment avoir été témoins d’un miracle : l’apparition de la Vierge Marie. Les foules affluent. Pour Degrelle c’est bel et bien un véritable miracle car c’est ce qui va le sauver. En effet, il obtient l’exclusivité de la publication du récit. Il en tirera un livre qu’il vendra à 700 000 volumes. Quelques mois plus tard, il reproduit le même coup avec la mort du Roi Albert 1er. Sa publication se compose de plusieurs pages de photos (une nouveauté pour l’époque). Ses imprimeurs revoient alors leur jugement. Des dons puis un prêt de son père viennent définitivement sauver Degrelle et les éditions Rex.

En 1934, Rex de plus en plus politisé devient un parti politique (bien que Degrelle l’ait toujours défini comme un mouvement). Bien vite Degrelle s’impose dans son rôle de chef de parti. Un charisme extraordinaire, une éloquence sans pareille et un leadership naturel font de lui l’idole des jeunes et des classes moyennes. Mais Degrelle veut avant tout toucher la masse ouvrière qui représente à ses yeux le cœur de peuple.

 

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A l’époque, certains ouvriers se rendent encore au meeting du parti socialiste. Degrelle fait de même et demande la parole sans cesse jouant les contradicteurs. Si les débuts sont parfois durs et risqués (Degrelle aura même le crâne fracturé une fois au cours d’une bastonnade), bien vite il se fait reconnaître, et les socialistes tombent dans le panneau en l’attaquant par la voie médiatique, lui faisant ainsi une promotion qu’il ne pouvait s’offrir.      

Il s’attaque ensuite farouchement à l’Abbé Moreau lui-même socialiste. Il use même de coups bas en dévoilant une liaison amoureuse entre Moreau et des filles. Moreau sera le premier politique d’une longue « liste noire » de Degrelle qui a la réputation d’assassiner ses contradicteurs en débat.

 

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Par la suite, le chef de Rex organise ses propres meetings et, chose jamais vue auparavant, il fait payer la place 5 francs (assez considérable à l’époque) à ceux qui viennent l’écouter. Degrelle justifie cela habilement en montrant qu’organiser des meeting a un coût (location de salles, affiches…), mais aussi en arguant qu’ici l’argent est celui du peuple et que par conséquent on sait d’où il vient contrairement aux autres partis qui ne font pas payer leurs meetings pour ne pas décourager une foule bien peu nombreuse qui, en revanche, afflue déverser 5 francs pour assister aux discours de Degrelle.    

Le 1er Mai 1935 à Bruxelles, il rassemble 5000 personnes. Il attire surtout les jeunes qui sont nommés « les gamins de Rex ». Tous ses meetings laissent place à la contradiction et aux questions d’intervenants. Il s’attaque ensuite violemment à certains politiques qu’il appelle « les banksters ». Il se rend même à un congrès du parti catholique qu’il dénonce farouchement. Il va jusqu’à fermer à clé les portes de la salle pour que personne ne puisse sortir et il prend la parole de force pour dénoncer les principaux membres du parti assis au premier rang.

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Ses meetings rameutent les foules mais se transforment parfois en bagarre avec les communistes. Alors qu’il lance des attaques envers le ministre Segers, le clergé le renie.

Face à la montée grandissante du rexisme, le gouvernement belge contre-attaque. D’abord via la presse en accusant « Le Beau Léon » d’adultère. Mais surtout, en 1936, ce même gouvernement dissout les chambres et organise des élections anticipées afin de prendre Degrelle de cours. Mais ce dernier réagit très vite et sa victoire juridique sur Segers aide à sa popularité. En 1936, Rex remporte une victoire éclatante aux élections anticipées. Pas moins de 21 sièges à la chambre et 12 au sénat.

Degrelle fait parler de lui à travers toute l’Europe. Il est invité par Mussolini qui bloquera une campagne de dénonciation contre Rex émanant du Vatican. Les deux hommes deviendront ensuite amis. Il sera également convié au Royaume-Uni, suite à une invitation de Churchill par lequel Degrelle sera profondément déçu. Mais cette même année, « le Beau Léon » va surtout rencontrer Adolf Hitler ! C’est assez particulier, car Degrelle avait beaucoup critiqué le Führer à ses débuts. Mais entre les deux hommes le courant passe immédiatement et Degrelle trouve en Hitler un nouvel ami.     

 

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Mais Rex déchante assez vite. Degrelle est rapidement déçu par ceux qui représentent le parti au parlement. Dans sa stratégie de séduire l’électorat ouvrier, il apporte publiquement son soutien à la grève d’Anvers. Ce soutien est d’ailleurs tangible. Degrelle apporte des provisions aux grévistes et envoie même des jeunes femmes rexistes aider bénévolement des foyers ouvriers.

Degrelle finit par séduire aussi bien les ouvriers que les industriels. Il devient alors une grande menace pour les communistes.

 

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Il organise ensuite un meeting à Seraing. Ce rassemblement sera interdit par le bourgmestre Merlot qui déploiera des forces de polices pour bloquer les accès à la place où devait avoir lieu le discours. Degrelle louera donc un bateau mouche et fera son meeting sur la Meuse qui traverse la ville et longe la place prévue pour l’évènement. Certains communistes iront jusqu’à tirer avec des armes à feu en direction de Degrelle. Mais le chef de Rex poursuivra son discours jusqu’au bout.

Ensuite, il organise une marche vers Bruxelles qui rassemble 250 000 personnes et provoque le déploiement des forces de l’Ordre. Cela dit, Degrelle a énormément de sympathisants dans l’armée et la gendarmerie. Mais ce rassemblement est un fiasco. Degrelle est arrêté par la police avant d’être relâché le soir même alors que les rexistes sont contraints de se disperser après des conflits avec les forces de l’ordre.

 

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Le Beau Léon contre-attaque. Du 19 au 24 janvier 1937 il organise « les six jours de Rex ». Six soirs de meetings au Palais des Sports de Bruxelles. La salle manque de place tant les gens affluent par dizaines de milliers. Rex est à son apogée. Là encore le gouvernement décide de contre-attaquer. Le Parlement organise une session extraordinaire. Sur proposition des communistes, tous les partis ne font qu’un derrière le premier ministre Paul Van Zeeland pour contrer Degrelle. Il n’y a donc que deux candidats qui se battent en duel. Mais Van Zeeland a des ressources et des moyens financiers bien supérieurs à ceux de Degrelle qui doit se contenter de ses meetings alors que le premier ministre déploie une véritable campagne de propagande. Lors des meetings du chef de Rex, les communistes armés de massues de fortune, agressent la foule. En moyenne 50 à 60 personnes sont blessées chaque soir de meeting, sans que le gouvernement, qui a déclaré la guerre à Degrelle, ne fasse rien. Degrelle se rend alors dans la Rue haute, le quartier malfamé de Bruxelles, afin d’y recruter des voyous pour contrer les communistes. En seulement quarante huit heures, l’affaire est liquidée. Degrelle tente ensuite de jouer une nouvelle carte à travers Malignes, l’archidiocèse de Bruxelles dont l’archevêque est le Cardinal Van Roey qui l’avait jadis soutenu. Mais il va commettre là la pire erreur de sa carrière politique. Il affirma en effet publiquement que la seule autorité pouvant dire que Rex se trompait était Malignes, qu’il croyait avoir dans sa poche.

 

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Deux jours avant l’élection, le Cardinal Van Roey, l’éminence religieuse la plus influente du pays, condamne publiquement Rex. Il condamne non seulement le vote rexiste mais également le vote blanc ! Il affiche ainsi indirectement son soutien à Van Zeeland. Ce dernier remporte l’élection haut la main alors que le rexisme s’effondre sur lui-même. Des tas de personnes rexistes influentes quittent le mouvement et Degrelle se voit lâché par tous ses appuis politiques qui rejoignent le nouveau gouvernement Van Zeeland.

Mais « Le Beau Léon » n’a pas encore dit son dernier mot. Il lance via ses journaux une violente campagne contre Van Zelland en dévoilant son implication dans des fraudes bancaires. Il se rend même à l’assemblée générale de la Banque nationale pour dénoncer l’escroquerie. L’affaire devient un véritable scandale financier et le cabinet Van Zeeland doit démissionner. Degrelle savoure sa revanche. Le 10 juillet 1938 à Lombeek, portes de Bruxelles, il organise un meeting rassemblant 65 000 personnes. C’est là la dernière heure de gloire du rexisme.                    

 

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Bien vite le système emploie une nouvelle stratégie envers Degrelle. Il le compare sans cesse à Hitler et décrit le rexisme comme le nazisme belge. Cette campagne de diabolisation va porter ses fruits auprès d’une Belgique anti-Allemagne. De plus, la guerre menace. Rex est l’un des premiers mouvements à appeler à la neutralité et au pacifisme.

Alors que l’Allemagne attaque la Pologne, la Belgique tente de rester neutre, mais passe en même temps des commandes d’armements. Pourtant, Léopold III tente en vain de protéger son pays de la guerre. Mais celle-ci est totale. Le 10 Mai 1940, la Belgique est envahie. Peu avant Léon Degrelle et les rexistes ont été arrêtés par le gouvernement belge.

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Le Volksführer  

Commence alors la seconde partie du documentaire intitulée « Le Volksführer ». Il s’agit d’aborder cette fois la partie concernant la seconde guerre mondiale. On retrouve les mêmes intervenants que dans la première, avec en plus Le Colonel de Lovinfosse, ancien combattant allié et le soldat belge le plus décoré, l’abbé Fierens, l’aumônier de la légion SS Wallonie ainsi que plusieurs anciens membres de la résistance belge.

La guerre a donc éclaté et en Belgique on ne pense désormais plus à parler d’élections ou de rexisme mais à survivre. Pourtant certains politiques ne perdent pas le nord et ont bien l’intention de profiter de la situation de chaos engendrée pour régler leurs comptes avec leurs opposants.

 

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Degrelle qui est alors député de Bruxelles est donc en première ligne. Le 10 mai 1940, le ministre Janson organise une opération pour faire arrêter les notables rexistes ainsi que des dignitaires nationalistes. Le prétexte étant qu’ils ont des sympathies avec l’Allemagne d’Hitler. En réalité, il s’agit d’une purge totalement illégale et violant toutes les conventions. Certains hommes politiques comme par exemple Ausguste De Schryver (qui est l’un des intervenants de ce film) se sont même, à l’époque, sentis obligés d’agir pour tenter de faire libérer des parlementaires, qui pourtant étaient leurs ennemis politiques. Mais les demandes n’aboutiront pas.   

Pendant ce temps, Léopold III dirige l’armée belge qui est du côté des alliés. Cependant le général français Gamelin tombe dans le piège d’Hitler en envoyant les meilleures divisions françaises vers la Hollande. Au même moment les panzers allemands franchissent les Ardennes tombent sur la Belgique qu’ils traversent, et crèvent ainsi le front français.

 

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En Belgique, c’est la panique générale, l’armée franco-britannique doit battre en retraite. Des ministres Belges fuient également vers Londres. Le 28 mai, la Belgique rend les armes.

Pendant ce temps, le gouvernement de Janson vend les rexistes emprisonnés à l’armée française comme des « collaborationnistes des allemands ». Parmi ces prisonniers se trouve Degrelle. A sa suite, 21 personnes qui seront massacrées par l’armée française, hommes, femmes et enfants. Pendant un certain temps, on pensa reconnaître Degrelle parmi les cadavres et sa mort fut annoncée officiellement dans les journaux.

En réalité, il est vivant et a été transféré de prison en prison, où il subira la torture mentale (il sera attaché les yeux bandés à un poteau pendant que les soldats s’amuseront à tirer autour de lui) et aussi physique (il sera passé sauvagement à tabac et contraint de boire l’urine de ses geôliers).

 

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Pendant ce temps, la France s’effondre elle aussi face à l’Allemagne. Le Maréchal Pétain signe l’armistice et fonde un nouveau gouvernement. A ce moment là, Pierre Daye, journaliste belge membre important du rexisme, part à la recherche de Degrelle. Pire ! On apprendra qu’il était mandaté par les ministres belges, dont le ministre Janson, pour retrouver Degrelle afin de lui faire part des regrets et des excuses du gouvernement belge qui, ayant senti le vent tourner et le rapport de force s’inverser, espère faire de Degrelle un porte-parole.

Daye finit par retrouver Degrelle par hasard à Carcassonne. Ce dernier a miraculeusement survécu après avoir été interné au camp de concentration de Vernet. Il a été libéré sur ordre du Maréchal Pétain. 

Degrelle retourne en Belgique où il reprend son journal. Pendant ce temps, les socialistes tentent un rapprochement avec le rexisme pour essayer de reprendre en main le pays. Tout est supervisé par Henri De Man le dirigeant du parti ouvrier.

 

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En octobre 1940, Hitler qui va à la rencontre du Maréchal Pétain en France a prévu de remonter vers la Belgique afin de rencontrer dans l’ordre : Degrelle, De Man et Léopold III, afin de discuter de l’avenir de la Belgique et de son nouveau gouvernement. Mais ces rencontres n’auront jamais lieues. En effet, au même moment Mussolini attaque la Grèce. Bien vite son offensive tourne au désastre et Hitler est contraint de voler au secours de son allié. Il s’empare de la Yougoslavie et de la Grèce et prend très rapidement le contrôle des Balkans.      

Plus tard, Leopold III parvient à rencontrer Hitler mais n’en tire absolument rien. La Belgique s’effondre et s’enfonce dans la dépression et la ruine. A ce moment là chez les belges, comme le décrit très bien Robert Poulet, il y’a : « 90 %  d’attentistes, 5 % de collaborateurs et 5 % de résistants ». De leurs côtés, les allemands afin d’avoir le contrôle total sur le pays qui a une industrie intéressante, tentent plus que jamais de monter les flamands contre les wallons. Pendant ce temps, toute l’économie se met inévitablement au service de l’Allemagne et adopte une politique de collaboration.

 

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Le rexisme évolue et prend de plus en plus modèle sur le fascisme : Chemises noires, grand rassemblement, jeunesses du mouvement…. En réalité, ce n’est pas forcément par idéologie. Le rexisme, en tant que mouvement nationaliste belge, est plutôt mal vu par les allemands. Ces derniers créent mêmes des mouvements d’opposition pour renverser la figure de Degrelle. Celui-ci prend donc modèle sur l’occupant pour rester dans la ligne. Mais cette stratégie du chef de Rex ne vise pas uniquement la survie du parti. Il cherche à attirer l’attention d’Hitler sur la Belgique afin de mettre en place des solutions pour relever le pays (sans doute Degrelle y voit aussi une occasion pour ses ambitions politiques).

Cependant, Hitler a à nouveau les yeux tournés ailleurs. Dés 1941, il lance l’offensive contre l’URSS et son attention est désormais cadrée sur le front de l’Est.

Degrelle y voit là encore l’occasion de s’imposer et de ramener la Belgique au premier plan. Il fait un appel à la jeunesse belge pour aller combattre sur le front russe aux côtés des allemands. Il y voit également l’opportunité de détruire définitivement le communisme, qu’il considère comme le pire des fléaux, mais également de construire une Europe nouvelle et unie. Il n’est d’ailleurs pas le seul, puisqu’à l’époque, des tas de jeunes européens (français, belges, italiens, espagnols, hollandais…) parfois mêmes anti-allemands, partent lutter aux côtés du troisième Reich, tous rassemblés dans cette volonté de combattre le communisme et le bolchevisme.    

 

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Degrelle fonde donc la Légion Wallonie qu’il compte envoyer sur le front. Son rêve est de l’intégrer à la Waffen SS. Mais on ne rentre pas dans cette section spéciale comme ça. De plus, à l’époque les allemands continuent à favoriser les flamands qui ont eux aussi formé une légion qui elle, est intégrée directement à la SS. La Légion Wallonie de Degrelle est pour sa part incorporée à la Wehrmacht.

Robert Poulet affirme alors avoir joué un rôle dans l’engagement de Degrelle. A l’époque Poulet dans ses articles critiqua beaucoup l’idée de cette légion « wallonie ». Degrelle le lui reprocha et Poulet lui répondit « quand je ne vais pas moi-même me battre, je n’envoie pas les autres se battre à ma place », Degrelle piqué au vif répliqua « Est-ce pour moi que vous dites une chose pareille ? », « Parfaitement c‘est pour vous » répondit Poulet, sur quoi, Degrelle déclara « Bien ! Je m’engage ! ».

 

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Et Degrelle s’engagea dans la légion Wallonie. Hitler en l’apprenant, voulut le nommer immédiatement lieutenant. Mais Degrelle refusa catégoriquement pour être engagé comme simple soldat et partir prendre part à la plus grande guerre que l’Europe ait connu. Avant de partir, Degrelle fit un discours en affirmant aller se battre pour la Belgique et pour l’Europe. Au début, beaucoup de belges vivront mal le fait de devoir porter l’uniforme de l’Allemagne, le pays qui les avait envahis en 1914 et en 1940.

La légion Wallonie est envoyée sur le front d’Ukraine, Degrelle n’est alors qu’un simple soldat mitrailleur. La vie est rude entre la neige, la boue gelée, la glace et le climat très bas. Bien vite, un tel environnement pose des problèmes de ravitaillement pour la légion qui combat farouchement l’armée rouge. Degrelle connaît ses premières blessures, mais son acharnement au combat lui vaut le grade de caporal et la croix de fer deuxième classe.  

 

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Pas la suite, il va également atteindre le rang de lieutenant et recevoir la croix de fer première classe. Mais plus la légion s’enfonce vers l’est, plus les choses deviennent difficiles. Les légionnaires vont de traquenards en traquenards. Ils combattent jour et nuit et essuient de lourdes pertes. Durant cette période, Degrelle sera blessé plusieurs fois sans avoir la possibilité de rejoindre un hôpital. Les renforts viendront à leur secours. Les wallons, grâce à leurs faits d’armes, auront une permission pour retourner chez eux. De passage en Allemagne, Degrelle compte enfin concrétiser son objectif : faire entrer la légion Wallonie dans la Waffen SS. Il a l’appui du général Steiner, chef de la légion SS Viking.

Mais Lors de son séjour en Allemagne, Degrelle croit voir se profiler l’annexion totale de la Belgique par l’Allemagne. Inquiet, il donne un discours au Palais des sports de Bruxelles. Il y déclare, au grand dam de beaucoup de belges et notamment de rexistes, que les wallons sont des peuples germaniques. Il s’agit là d’une stratégie pour séduire les dignitaires allemands. Mais les belges le prendront plutôt mal. Degrelle donnera également un meeting au Sport Palace de Berlin devant des ouvriers belges et français. Mais à cette époque, l’ancien chef de Rex doit également négocier l’entrée de la SS avec le Général Berger, or, les deux hommes se détestent mutuellement.

 

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Au final, alors qu’il part passer deux mois à la côte d’Azur, Degrelle est contacté par Himmler qui lui envoie son train personnel afin de le rencontrer. Himmler est prêt à faire rentrer la Légion Wallonie dans la Waffen SS. Pour Degrelle ce n’est pas uniquement le goût du prestige. Il pense que la SS est une armée plus européenne que la Wehrmacht et en déduit que politiquement cela peut l’aider. Mais l’idée de rentrer dans la SS ne plaît pas beaucoup à de nombreux légionnaires, qui en rejettent l’aspect politique et athée. Cependant Degrelle va parvenir à négocier avec Himmler des conditions inimaginables. Ils pourront garder leur commandement, conserver également la langue française comme langue officielle de la légion, ainsi que leur drapeau de bourgogne. Mais le plus difficile à faire passer sera de conserver l’aumônier du régiment, car on n’avait jamais vu un seul curé catholique dans la SS. Degrelle saura pourtant trouver les mots et fera même faire à Himmler un accord écrit, signé par ce dernier un peu à contrecœur.

Mais Degrelle va aller plus loin en parvenant à faire adhérer Himmler à ses idéologies et notamment à son rêve d’un grand état de Bourgogne indépendant.

 

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Degrelle repart donc pour le Front de l’Est en tant que Waffen SS. Mais le vent tourne. Après les batailles de Stalingrad et de Koursk, les allemands doivent battre en retraite. Ils sont harcelés sans cesse par les armées rouges. En janvier 1944, des troupes allemandes, dont la légion Wallonie, se retrouvent coincées et encerclées à Tcherkassy, pendant vingt trois jours, contraintes de manger de la neige. Le climat ne les aide pas, puisque de violents orages aggravent encore la situation. Les pertes sont très lourdes. Le commandeur étant mort, Degrelle prend sa place naturellement. Les allemands veulent alors tenter de façon désespérée de rompre l’encerclement. Degrelle se porte volontaire lui et ses hommes pour couvrir l’échappatoire de ses alliés. Il parviendra à tenir le front et à s’échapper à son tour, pendant que des renforts venaient vers eux. Himmler envoie à Degrelle son avion personnel pour le ramener en Allemagne afin d’y être décoré. Léon Degrelle reçoit alors la Ritterkreuz (le troisième niveau de croix de fer) des mains d’Hitler en personne. C’est à ce moment là qu’Hitler lui aurait dit « Si j’avais eu un fils, j’aurais voulu qu’il soit comme vous ».

A cette époque, Degrelle prend de plus en plus d’importance en Allemagne et s’attire même les faveurs d’Hitler. Il est reçu pour des meetings à Berlin et à Paris. Les soldats de la légion Wallonie sont les invités d’honneur du ministre Goebbels. Degrelle est promu Hauptsturmführer et défile en Belgique en uniforme devant une foule immense de milliers de gens. C’est l’apogée de sa gloire. Sa stratégie a porté ses fruits et il a désormais à sa botte tous les dignitaires allemands qui entravaient son parcours politique en Belgique.  Le même soir, il donne un discours au Palais des Sports et évoque l’idée d’une Europe hitlérienne et d’un état de Bourgogne pivot de l’occident.

 

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Cependant en Belgique, les choses vont mal. La résistance commet des attentats contre des civils, de même que certains rexistes qui se sont détachés du parti désormais dirigé par intérim par Victor Matthys. Le frère de Léon Degrelle, un pharmacien, est assassiné sous les yeux de ses filles par des résistants. Hitler ordonne alors l’exécution de trente otages bouillonnais en représailles. Mais la mère de Degrelle, bouillonnaise, demande à son fils d’intervenir pour empêcher cette vengeance. Degrelle parviendra à obtenir la grâce des trente otages. Le cercle vicieux continuera cependant. Des dignitaires rexistes seront assassinés avec leurs familles et certains militants du parti se vengeront à leur tour de façon horrible. Degrelle, que certains ont soupçonné à tort d’avoir une part de responsabilité dans les représailles, fut totalement absous par la commission de crimes de guerre de toute participation à ces actes.                       

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A ce moment là du conflit, il gagne la Pologne pour y rejoindre la SS Wallonie désormais composée de 3000 hommes. Mais en 1944, les alliés débarquent en Normandie. A l’est, la poussée soviétique fait radicalement reculer les allemands. Une fois de plus, Degrelle est choisi pour couvrir la fuite de l’armée allemande. Mais il va carrément réussir à repousser l’armée soviétique. Hitler lui enverra alors son avion personnel pour le ramener en Allemagne où il recevra Les Feuilles de Chênes (plus haute distinction allemande), la grande plaque du corps à corps en or et la médaille d’or des blessés. Hitler le nommera également Volksführer (chef de peuple). Il prendra part à la Bataille des Ardennes. Mais les alliés finissent par prendre le dessus dans ce conflit et pénètrent en Allemagne. La SS Wallonie, est envoyé à l’est pour contenir la poussée des soviétiques. Mais cela ne suffit pas, l’Allemagne s’effondre, la guerre est perdue pour elle. Degrelle en a conscience et récupère des papiers d’ouvriers étrangers pour permettre à ses hommes de s’enfuir et d’échapper aux représailles meurtrières des alliés. Il en sauvera 3700. Le 30 avril 1945, Hitler se suicide dans son bunker. Le 2 mai, sur ordre d’Himmler, Degrelle gagne Copenhague. Mais le 5 mai, les anglais arrivent au Danemark. Degrelle parvient à s’échapper en barque et atteint Oslo. Le 8 mai, c’est la reddition générale. Degrelle s’empare alors d’un avion avec pour but d’atteindre l’Espagne. Cependant, il y’a à parcourir un périple de 2300km, or le Heinkel n’a de réserves de carburant que pour 2100 km. Au début Degrelle et ses hommes pensent même voler vers l’Ecosse puis faire demi-tour pour faire croire qu’il s’agit d’un avion anglais. Mais ils sont rapidement repérés. La chasse se met à leur poursuite, et la DCA cherche à les abattre. L’avion parvient tout de même à traverser toute la France en échappant aux alliés, mais l’inévitable se produit. En manque de carburant, les moteurs tombent en panne. L’avion parvient à atterrir en catastrophe sur une plage de San Sébastian où il heurte un rocher. Degrelle s’en sort avec de graves blessures (il restera plâtré 15 mois). Paradoxalement, ses blessures vont le sauver, car étant totalement intransportable, il ne sera pas livré au alliés en même temps que le ministre français Laval. En effet, la Belgique l’a condamné à mort dans une parodie de procès expéditif.

 

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Par la suite, les alliés vont tout faire pour avoir Degrelle. Ce dernier accepta cependant de se rendre à trois conditions : la première, que soient libérés tous ses camarades de combat ; la seconde, avoir droit à un procès légal et équitable filmé et retransmis par la radio et la dernière, qu’il puisse comparaître en uniforme avec ses décorations. Ces conditions seront rejetées, l’idée même d’un procès légal et équitable est inconcevable pour le gouvernement belge.     

Pour forcer la main aux autorités espagnoles qui refusaient de le livrer, on chercha à l’inculper pour crimes de guerre, mais une fois encore, la commission des crimes de guerre, ne put retenir aucune charge ou accusation contre lui. Mais face à la pression des alliés, l’Espagne accepta d’expulser Degrelle à la frontière portugaise. Mais en réalité, un simulacre sera organisé, et un homme se faisant passer pour Degrelle aiguillera les services de recherches sur une fausse piste. Pendant ce temps Degrelle se réfugie ailleurs en Espagne. Durant les années qui suivirent, il ira de refuge en refuge.

 

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Le colonel de Lovinfosse, héros de guerre est alors chargé d’organiser le rapt de Degrelle avec la complicité des services secrets français et espagnols. Mais la première tentative échoue. La seconde sera stoppée par le secrétaire de Paul-Henri Spaak, ministre belge des affaires étrangères. 

Etrangement, Spaak va par la suite tout faire pour empêcher le rapt de Degrelle. Ce dernier a toujours affirmé que Spaak craignait les révélations qu’il pourrait faire. Le juge Mélot qui a participé à cette émission n’en croit rien et organisa à l’époque lui aussi un rapt de Degrelle. Pourtant, comme ses prédécesseurs, il sera stoppé et découvrira que le gouvernement Belge n’avait aucune intention de faire revenir Degrelle alors même que, selon Mélot, l’Espagne était prête à le livrer.

 

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Un commando israélien tentera lui-même l’expérience sans plus de succès. « Chance Degrelle, Chance éternelle » disaient les hommes de la légion Wallonie.

Degrelle fut déchu de sa nationalité belge. Alors que sa peine arrivait à prescription, le gouvernement belge inventa la Lex Degrelliana qui permettait de prolonger de 10 ans le délai de prescription de Degrelle. Dix ans plus tard, Degrelle était toujours là, et c‘est alors qu’un décret ministériel le déclara indésirable.     

Depuis lors, Degrelle a vécu en Espagne. Au moment de ce documentaire, il y’est toujours et se porte à merveille. C’est ainsi que Charlier a pu aller l’interviewer. Peut être a-t-il pris contact avec Degrelle grâce à leur ami commun Hergé. Toujours est-il que cet entretien est le fil conducteur du documentaire.           

 

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Charlier réussit donc là un coup de maître. Jamais un haut-dignitaire nazi n’a pu s’exprimer aussi librement à l’écran. Le réalisateur est donc totalement neutre et laisse le spectateur juger entre les différentes parties qui s’expriment.

Indéniablement, on tient l’un des personnages les plus importants et surtout les plus fascinants du Vingtième Siècle. Degrelle est sans conteste un homme extraordinaire au parcours incroyable. Ce qui frappe d’emblée lorsqu’on le voit ici s’exprimer librement, c’est la puissance, le charisme et le dynamisme qu’il dégage. On comprendra en le voyant le succès du rexisme dans les années 30. Il envoûte littéralement son public.

 

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Ce qu’il y’a de bien, c’est que ce documentaire, contrairement à ceux actuels qui laissent parler des historiens minables, donnent la parole à ceux qui ont vécu l’histoire et ceux des deux bords (et même les neutres). Du reste, le tout est très bien réalisé. La musique est très bien et le film est très riche en documents, photos et surtout films d’époque. Tout est là pour nous replonger dans ces pages historiques.

A la fin Degrelle tire un constat sur sa vie et le monde moderne. Si le personnage confesse avoir commis des erreurs, il ne regrette rien, son seul regret est d’avoir échoué. Il reste persuadé d’avoir lutté du bon côté et reste certain que la victoire de l’autre camp aurait donné naissance à une Europe solide. Il affirme vouloir continuer à lutter et il le fera jusqu’à sa mort en 1994.

 

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Evidemment à sa sortie, le documentaire sera très mal vu, et passera rapidement aux oubliettes. Porté disparu pendant des décennies, il réapparut sur la toile.

A travers ce film, on découvre un personnage vraiment fascinant ! Qu’on l’aime ou non, qu’on soit d’accord ou pas avec ses idées, on ne peut que reconnaître le caractère exceptionnel et extraordinaire d’un tel homme. C‘est d’ailleurs ce qu’en dit le général Lovinfosse, l’un de ses ennemis militaires avant et après la guerre. Ce dernier reconnaît la valeur de Degrelle et rappelle qu’il n’a jamais été un criminel et s’est même comporté en héros sur le front. Car oui, Léon Degrelle a été un héros de guerre et il était aussi un homme de conviction et de valeurs. Il ne s’est pas contenté d’envoyer sur le front des milliers de bougres, il y est allé ! Combien d’hommes politiques sont allés défendre leurs idéaux jusque sur le front à cette époque ? Un seul à ma connaissance : Léon Degrelle !

 

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Depuis, il est devenu un mythe, une véritable légende. C’est aussi pour cela que c’est un personnage tabou et subversif, son côté légendaire, aventurier, éternel survivant, mêlé au nazisme déplaît à l’intelligentsia.

On tient là le meilleur film sur Léon Degrelle. Un chef d’œuvre du documentaire comme on n’en fait plus.

 

 

Note : 20/20

07 juin 2016

Léon Degrelle ou La Führer de Vivre

 

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Catégorie : Cinéma

Genre : Documentaire

Année : 2009

Public : Public averti

Durée : 1H47

Nation : Belgique

Réalisateurs : Philippe Dutilleul et Isabelle Christiaens

Intervenants : Léon Degrelle, Teodulfo Lagunero, Daniel Olivier, René Delvigne, Jean Vermeire  

Sujet : La vie légendaire de Léon Degrelle, « le fils qu’Hitler aurait voulu avoir ». Jeune homme, il se lance dans la politique et devient bien vite le leader du parti REX. Ce dernier prend rapidement de l’ampleur en Belgique. Lorsque la seconde guerre mondiale éclate, Degrelle devient ouvertement collaborationniste. Il prend les armes pour partir vers le front de l’Est à la tête de la légion « SS Wallonie ». Après de longues années de combats, il parvient à s’enfuir en Espagne à la fin de la guerre, où il recevra la protection de Franco.

 

Analyse critique :

(Attention SPOILERS !)

Aujourd’hui sur E-Pôle-Art, un docu choc et polémique, j’ai nommé Léon Degrelle ou la Führer de Vivre. Un titre évidemment évocateur et surtout provocateur. Si aujourd’hui les livres d’histoires évitent soigneusement de parler de Léon Degrelle, il faut savoir qu’il fut à l’époque l’un des plus célèbres Waffen SS et le seul haut signataire nazi qui parvint à échapper à la mort et aux gouvernements alliés.    

En Belgique, Degrelle est tabou comme l’explique Isabelle Christiaens une des réalisatrice du film. On ne parle pas de lui, on n’évoque pas son nom, il est tel un fantôme du passé que certains préfèrent oublier et que d’autres n’osent pas évoquer.

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Le film fut produit par Jean Libon, le créateur de Strip-Tease et réalisé par Philippe Dutilleul et Isabelle Christiaens, avec la collaboration de l’historien Korentin Falch’un.

Lors de sa présentation au FIGRA (festival international du grand reportage d’actualité et du documentaire de société), Léon Degrelle ou la Führer de Vivre a déclenché une polémique. Certains reprocheront au film un manque de contextualisation et de commentaires. C’est là qu’on touche le cœur de ce documentaire, dont la philosophie est de laisser dérouler les faits sous les yeux des spectateurs en commentant rarement les images et les propos et en optant pour une totale neutralité. C’est en fait cette neutralité qui dérangea à l’époque. En effet, si la neutralité est en principe saluée, il existe certains sujets sacrés sur lesquels elle n’est pas tolérée. La période de la seconde guerre mondiale en est un exemple. Tous les documentaires nous servent une vision profondément manichéenne et parfois même enfantine (à ce niveau là la série Apocalypse a atteint des sommets). On prend parti et on tombe donc dans la propagande. Ici les réalisateurs ont donc choisi la neutralité et face aux polémiques engendrées, l’historien Korentin Falch’un a d’ailleurs très bien clarifié les choses : « Déshabiller Degrelle comme nous l'avons fait permet de comprendre des aspects de sa personnalité, les éléments qui transforment un homme en leader charismatique en période de crise ». Il ajoute également : « Lorsqu'une image est forte, il n'est pas nécessaire de la commenter. Il faut laisser le spectateur juger par lui-même, miser sur son intelligence. C'est à travers la manière dont Degrelle raconte les choses que l'on peut comprendre la fascination qu'il a exercée, et la manière dont il a perturbé durablement les Belges. » 

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Voilà un postulat de départ tout à fait alléchant qui a au moins le mérite de ne pas prendre le spectateur pour un imbécile en le tenant par la main, mais aussi celui de se démarquer des autres documentaires sur ces sujets sensibles.

Par ailleurs cette neutralité est vraiment omniprésente, car si on assiste à des discours et des interviews de Degrelle ainsi qu’à ceux de certains membres de sa famille ou proches le soutenant, on a aussi droit à ceux de ses détracteurs composés d’anciens belges ayant connus cette période ou des historiens. Le spectateur se fera donc sa propre idée.

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Pourtant une fois encore, c’est cette neutralité enrichissante qui fera du tort au film. En France, les chaînes télés refuseront de le diffuser. Ce n’est que deux ans et demi plus tard que France 3 décidera de se mouiller, mais à certaines conditions !

La première que le film soit rebaptisé «  Léon Degrelle, le Fils préféré d’Hitler », car la chaîne française trouvait le titre original trop tendancieux et provocateur.

La seconde, que des séquences soient coupées, et notamment deux des séquences les plus importantes sur lesquelles nous reviendrons en aval.

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La troisième enfin, qu’il y’ait plus de commentaires du genre « Degrelle était un salaud », en bref la rupture de la neutralité.

Si les créateurs du documentaire se conformeront aux deux premières exigences, ils se refuseront à exécuter la dernière.

Pour cette chronique, j’évoquerais bien évidemment la version belge non censurée.

Le documentaire s’intéresse donc au personnage de Léon Degrelle.

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5,5

Jeune nationaliste belge originaire de Bouillon, toujours intéressé par la politique, il s’engagea davantage dans les années 30 en créant le mouvement rexiste. Leader naturel et charismatique, il attire les foules et dés 1936 remporte de grandes victoires aux élections. Rex ne va cesser de croître en Belgique dans la fin des années 30. Mais la seconde guerre mondiale éclate et Degrelle s’engage du côté de l’Allemagne Nazie après la chute de la Belgique. Il part comme simple soldat sur le front de L’Est. Par la suite il prendra la tête de la Légion Wallonie qui sera incorporée à la Waffen  SS dés 1942. Sur le front, Degrelle combattra farouchement et sera blessé plusieurs fois. Ses faits d’armes lui vaudront rapidement d’être promu, il montera les grades et deviendra Volksführer. Il recevra également les décorations et distinctions les plus prestigieuses de l’Allemagne. Lors de la reddition, Degrelle réfugié en Norvège prendra la fuite dans un avion allemand. Il survola toute la France échappant à la DCA. Il finira par s’écraser à San Sebastian tout près de la frontière espagnole. Il survivra cependant à l’accident et bénéficiera par la suite de la protection du Général Franco.

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Le parcours de Degrelle est indéniablement fascinant et ce qui frappe le plus c’est sans aucun doute sa jeunesse lors de ses aventures.

Le documentaire illustre donc le personnage de Léon Degrelle à travers une multitude d’images d’archives, mais aussi des interviews de l’intéressé datant des années 70 et 80. Degrelle peut donc s’exprimer librement.

Mais son témoignage n’est pas le seul, on trouve également celui de certains de ses frères d’armes engagés dans la Légion Wallonie. Nous aurons également celui de certains membres de sa famille et plus précisément de sa fille.

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Viennent également ceux d’anciens militants rexistes, ou de belges ayant vécu cette période, mais également des gens ayant connu ou approché Degrelle.

Le tout est évidemment fascinant et on trouvera aussi bien des admirateurs que des détracteurs.

Ici le documentaire se centre principalement sur la période nazie de Léon Degrelle. Le but est d’atteindre l’essence du personnage via certains de ces discours et des témoignages. C’est donc avant tout un portrait de Léon Degrelle, auquel Hitler aurait dit « Si j’avais eu un fils, j’aurais voulu qu’il soit comme vous ». Cette phrase célèbre qui donne son titre à la version française fit polémique. Pour beaucoup Degrelle aurait exagéré et inventé cette phrase. C’est notamment ce qu’en dit un de ses anciens camarades de combats qui lui est pourtant resté fidèle. 

8,5

On sera aussi intéressé par les anecdotes de Degrelle et des autres témoins et racontent ici l’histoire aux spectateurs.

On note aussi que le documentaire s’attarde pas mal sur le meurtre de trois bouillonnais qui auraient été éxécutés en représailles de l’assassinat du Frère de Léon Degrelle, un pharmacien, tué par des résistants. Certains bouillonnais ayant connu cette période témoignent et nous amènent sur un mémorial dédié à ces hommes tués « sur ordre de Léon Degrelle ». En réalité, Degrelle a été officiellement blanchi de ce meurtre par les tribunaux militaires alliés à l’époque (aucun chef d’accusation pour crime de guerre ne fut d’ailleurs retenu contre lui). Les trois feldgendarmes allemands responsables du crime furent retrouvés et extradés après la guerre pour être jugé en conseil de guerre à Dinant. C’est pourquoi la plaque mensongère accusant à tort Degrelle est désormais protégée par des barreaux car elle fut souvent détruite par le passé par des visiteurs scandalisés. Le documentaire ne rétablit pas non plus la vérité à ce sujet, laissant s’exprimer les habitants de Bouillon.

 

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On s’intéressera également aux deux scènes censurées par la version française.

La première est une interview de Degrelle interrogé sur l’Holocauste. Ce dernier a toujours tenu des positions négationnistes à ce sujet et le décrit comme « une de ces légendes criminelles qu’on continue de répandre à travers l’Europe », ajoutant que seuls « quelques centaines de milliers de juifs étaient morts ». Ce passage a été retiré en vertu de la loi Gayssot qui interdit de contester la version officielle de l’Holocauste. Ceci dit des lois semblables existent partout en Europe et également en Belgique, la version belge n’a pourtant pas été amputée de ce passage. France 3 affirma avoir eu peur que certains téléspectateurs adhèrent aux théories révisionnistes de Degrelle.

 

9,5

Mais la seconde scène supprimée dans la VF est indéniablement la plus intéressante. Il s’agit d’une interview du célèbre militant communiste espagnol Teodulfo Lagunero. Ce dernier était donc d’extrême gauche et par conséquent farouchement opposé à l’idéologie de Degrelle. Pourtant les deux hommes étaient des amis ! Ils se sont connus lors de l’exil de Degrelle en Espagne. Le témoignage de Lagunero est donc d’une grande valeur. Pourtant France 3 s’est dite mal à l’aise vis-à-vis de cette amitié entre un ancien nazi et un communiste. La séquence sera donc supprimée dans la VF.

La version Belge restera alors la plus pertinente et on saluera le travail effectué et surtout la neutralité du ton qui confère toute sa puissance à ce film.

 

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Cela dit, il n’est pas non plus exempt de plusieurs défauts. Par exemple un montage ne tenant nullement compte de la structure historique des évènements. L’ordre chronologique était visiblement le dernier souci des réalisateurs qui se sont avant tout centré sur le personnage de Degrelle. Pourtant, on ne peut comprendre le personnage sans suivre dans l’ordre les étapes qui ont marqué sa vie. Il est par ailleurs très regrettable que la période du rexisme en Belgique soit à peine évoquée.

Ceci dit Léon Degrelle ou La Führer de Vivre s’impose comme un très bon documentaire.

Son ton neutre donnant la parole aussi bien aux admirateurs qu’aux détracteurs fit beaucoup polémiquer mais c’est une fois de plus ce qui fait sa force. Le film se heurta à la censure et n’eût droit qu’à peu de visibilité. Même France 3, après avoir pourtant dénaturé le documentaire, ne le diffusera qu’à 23h50 préférant éviter les polémiques.

 

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Cela dit, comme l’explique Korentin Falch’un :   « A cause de sa condamnation à mort, Degrelle a été déchu de ses droits civiques, et ne pouvait plus s'exprimer dans les médias de son pays. Certains films qui lui ont été consacrés ont d'ailleurs été bloqués ». Ici monsieur Falch’un fait évidemment référence au film documentaire réalisé en France par Jean-Michel Charlieret également à une interview de 1978 qui resta 10 ans aux oubliettes.    

Léon Degrelle ou la Führer de Vivre aura droit plus ou moins au même traitement. Cela dit, l’Internet permet d’offrir une seconde vie à ce genre de film.

 

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Indéniablement le personnage de Léon Degrelle dérange autant qu’il fascine. Car au-delà des idéologies, même beaucoup de ses adversaires politiques ou militaires reconnaissent le côté extraordinaire d’un tel personnage et de son parcours.

 

13,5

Léon Degrelle ou la Führer de Vivre réussit son coup, mais il se révèle cependant moins bien fait que le film de Charlier (que nous aurons l’occasion d’aborder) dont il reprend d’ailleurs des passages. Il reste néanmoins un excellent documentaire sortant des sentiers battus.

 

 

Note : 17/20

31 mai 2016

Les Livres à Scandale, Interdits ou Polémiques

 

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Catégorie : Littérature

Sujet : Les livres interdits, les plus scandaleux, polémiques, subversifs et controversés de l’histoire de la littérature.

Analyse Critique :

Aujourd’hui, c’est un article un peu particulier car il s’agit d’aborder la littérature. Plus précisément, je vous propose une petite synthèse des écrits qui ont fait le plus de vague dans l’histoire de la littérature. J’avais déjà réalisé cet exercice concernant les films. Or, ici on est dans un registre beaucoup plus riche, car des milliards de livres ont été édité, et surtout : écrire un livre coûte moins cher qu’un film et permet de s’exprimer plus librement et par la même de froisser pas mal de gens. Etant donné la densité de la littérature, je serais assez sélectif car on pourrait remonter à la Bible et au Coran qui sont aujourd’hui encore subversifs voire censurés. Je me baserai essentiellement sur la littérature française mais pas que. Ensuite, je citerai des bouquins qui se situent plus de la fin du XIXème siècle à la période actuelle. Je prendrai donc essentiellement des livres qui ont fait scandale à l’époque et continuent d’être controversés voire interdits au jour d’aujourd’hui. Pas vraiment question d’aborder Les Fleurs du Mal qui ne fait plus du tout polémique et est même lu dans les écoles. Seules les œuvres qui continuent à déchaîner les passions.

Vos commentaires sont par ailleurs les bienvenus pour venir enrichir cette sélection.

 

Les Cents Vingt Journées de Sodome (1785)

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Du Marquis de Sade

Les Cents Vingt Journées de Sodome est le premier écrit du sulfureux Marquis de Sade. Si le livre fut rédigé en 1785, il ne fut édité qu’en 1931. De son vivant le « Divin Marquis » ne connut donc jamais son œuvre publiée. Malgré toutes ces années, Les Cents Vingt Journées de Sodome de par sa crudité, sa pornographie et sa violence hallucinante d’une perversité inhumaine, sera fortement controversée. Aujourd’hui encore, ce n’est pas le genre d’œuvre à citer. Malgré tout, la polémique s’est tout de même un peu estompée et le livre a été édité par plusieurs maisons.

 

 

 

 

Sur la Question Juive (1843)

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De Karl Marx

Karl Marx, fut en son temps controversé. Grand pourfendeur des religions et du capitalisme, il est aujourd’hui unanimement salué par l’intelligentsia pour son œuvre. Il y’a pourtant un écrit qui ne passe pas à la postérité, Sur la Question Juive rédigé en 1843. Ici Marx, qui est né de confession juive, critique des écrits sur les juifs et notamment le livre La Question Juive de Bruno Bauer. Pourtant l’auteur anarchiste, sous son anti religiosité, s’en prend également à la communauté juive qu’il lie à la bourgeoisie et au capital. Depuis, ce texte de Marx a été édité en livre et qualifié comme « l’un des ouvrages les plus antisémites du XIXème siècle ». 

 

 

 

 

La France Juive (1886)

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D’Edouard Drumont

Livre culte et même classique de la littérature. La France Juive du très polémique et politique Edouard Drumont est un véritable pamphlet antijuif soutenant la thèse du complot juif et du lien entre cette communauté et l’ultralibéralisme de la France de l’époque qui ruinait le peuple. Si le livre est considéré de nos jours comme infréquentable, il n’en fut par toujours ainsi. En effet, à sa sortie à la fin du XIXème siècle, il devient l’un des plus gros succès de la littérature française. Léon Poliakov le qualifie même de « Best-seller ». Il sera d’ailleurs souvent imité, donnant naissance à La Russie Juive, L’Algérie Juive, L’Autriche Juive ou encore L’Angleterre juive. En 2012 les éditions Kontre Kulture ont réédité le livre, mais la LICRA l’a fait retirer de la circulation.   

 

 

Le Juif International (1920)

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D’Henry Ford

Ligne opposée de celle de Marx, Ford jouit pourtant lui aussi d’une grande tribune et est considéré comme le plus grand capitaliste de tous les temps si ce n’est son maître à penser. Pourtant il y’a un point où ils se retrouvent plus ou moins avec Marx, c’est celui de la question juive. Dans son livre, Le Juif international, Ford désigne la communauté juive comme le plus grand danger pour la société, l’accusant notamment d’être responsable de la première guerre mondiale et de ravager l’économie d’un pays à son profit. Il dénonce également le sionisme. Suite à ces écrits, les foudres s’abattront sur Ford qui sera contraint de faire son mea culpa. Le livre ne fut pas traduit en français à l’époque. Ce n’est qu’au début de ce XXIème siècle, que certaines maisons d’éditions l’ont traduit et édité. Mais la LICRA le fit à nouveau retirer de la circulation.   

 

 

Manifeste pour Briser les chaînes de l’usure (1919)

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De Gottfried Feder

Ce livre dont on parle assez peu est l’un des plus intéressants et pertinent écrit sur l’économie tant il est prophétique. Ici Gottfried Feder, avertit l’Allemagne, l’Europe et même le monde des dangers d’hyperinflation occasionnés par la mécanique de « l’argent-dette ». Dés 1923, l’effondrement du mark en Allemagne lui donne raison et la crise de 1929 à l’origine de la Grande dépression confirme une fois pour toute la théorie de Feder sur la perversité de ce système basé sur l’usure. Aujourd’hui encore, Manifeste pour briser les chaînes de l’Usure reste plus que jamais d’actualité, quand on voit à quel point le système de la dette détruit l’économie mondiale. Cela suffit déjà à rendre ce livre subversif. Mais ce qui le rend pour beaucoup infréquentable, c’est que Feder était aussi un militant allemand qui en janvier 1919 participa à la fondation du Parti des ouvriers allemands qui en grandissant aller devenir le parti nazi. Hitler affirmera lui-même s’être inspiré du livre de Feder pour sa politique (ça se confirme d’ailleurs). Mais le livre influença également des militants de la gauche socialiste  comme par exemple Francis Delaisi.

 

 

Mein Kampf (1925)

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D’Adolf Hitler

On ne présente plus ce livre hautement subversif qu’est Mein Kampf. On y trouve une grande partie de la doctrine d’Adolf Hitler. Celui-ci raconte notamment son autobiographie, son expérience personnelle et expose son point de vue sur la situation allemande de l’époque : L’économie, le social, la politique, la question juive, le patriotisme…

L’ouvrage fut par ailleurs un succès. Il ne fut jamais réellement interdit, bien qu’on eu pas le droit de le rééditer dans certains pays pendant longtemps. En 2015 les droits sont tombés sous le domaine public et un débat a éclaté quant à sa réédition. Au final Mein Kampf sera abondamment réédité et deviendra même le deuxième essai le plus vendu en Allemagne.

 

 

Tintin au Congo (1931)

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D’Hergé

Qui aurait cru que cette  petite bande dessinée enfantine allait provoquer un tel tôlé ? Si à sa sortie Tintin au Congo ne fit aucune vagues, avec l’évolution des mentalités il passa à la trappe. Jugé raciste et apologiste du colonialisme, il fut pourtant réédité au Congo dans les années 70 par le président Mobutu. Au début du XXIème siècle cependant, les débats reprirent et plusieurs associations « antiracistes » demandèrent son interdiction et son retrait des rayons. Au final, l’album sera simplement déplacé au rayonnage BD pour adultes. Aujourd’hui encore, Tintin au Congo suscite beaucoup de polémiques.  

 

 

Bagatelles pour un Massacre (1937)

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De Louis Ferdinand Céline

Le livre subversif de la littérature française par excellence. Bagatelles pour un Massacre est le second pamphlet du génial Céline et le premier où il fait part de son antisémitisme acharné. C’est par ailleurs ce dernier point qui fit scandale et qui vaut aujourd’hui au livre d’être considéré comme infréquentable. Pourtant, Céline ne parle pas que des juifs dans son œuvre et s’attaque à tous les éléments de la société moderne. Aujourd’hui, il reste un livre rare, ce qui pousse certains à penser qu’il est interdit en France. En réalité le livre ne fut pas réédité selon la volonté de Céline et de sa veuve.    

 

 

 

Le Mensonge d’Ulysse (1950)

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De Paul Rassinier

Ancien résistant communiste et surtout ancien déporté des camps de concentrations nazis, Paul Rassinier raconte son expérience. Mais surtout il en donne une autre vision qui diffère de la thèse officielle. Il décrit comme plus dangereux que les SS  certains déportés délégués pour représenter les autres et pour répartir les ressources. Selon Rassinier, ces gens là profitèrent au final beaucoup de la situation et sont responsables du plus grand nombre de morts dans les camps. Mais surtout, l’auteur fait part de ses doutes concernant l’existence de chambres à gaz homicides dans les camps nazis. Le livre fut controversé et traîné en justice. Il est considéré comme l’un des ouvrages fondateurs du mouvement révisionniste

 

 

La Controverse de Sion (1956)

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De Douglas Reed

Dans ce livre, Douglas Reed revient sur la question juive et surtout sur l’histoire du judaïsme et sur l’évolution de cette communauté au fil des siècles. Il en vient à parler de ce qu’il baptise « la controverse de Sion ». A savoir l’opposition entre les juifs de « la Maison de Joseph » qui prônent l’amour de leurs prochains quelque soit leurs religions, ainsi que la fraternité universelle ; avec les juifs « lévites » qui vénèrent un dieu vengeur et cruel et agissent en tant que « peuple élu » contre les Gentils. Pour Douglas Reed, ce second courant est à l’origine de la révolution bolchevique en Russie et de la création de l’Etat d’Israël. Il dénonce alors un groupe de « Lévites » agissant comme une communauté organisée contre le reste du monde. Si le livre fut écrit en 1956, il ne sera publié en 1978 soit deux ans après la mort de Douglas Reed qui préféra éviter le scandale de son vivant.    

 

Hitler pour mille ans (1969)

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De Léon Degrelle

Rédigé par le légendaire et sulfureux Léon Degrelle alors exilé en Espagne, Hitler pour mille ans fait partie des multiples ouvrages interdits de l’ancien militant nationaliste belge et Volksführer. Dans ce livre, Degrelle raconte de son point de vue la période historique qui a marquée le vingtième siècle. De l’ascension du nazisme jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. Degrelle fait part de son expérience personnelle pendant cette période, de ses faits d’armes et de sa relation avec le Führer. L’auteur fait également l’apologie du régime nazi.     

 

 

Wall Street et la Révolution Bolchevique (1974)

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D’Anthony Sutton

L’historien et économiste Anthony Sutton nous offre ici une autre vision de la révolution bolchevique. Loin de la théorie d’un soulèvement populaire, Sutton affirme que cette révolte fut une opération pilotée et financée par les banquiers de Wall Street. L’auteur s’appuie par ailleurs sur un très grand nombre de sources et de documents d’époque qui démontrent bien les liens entre Wall Street et la Révolution Bolchevique. Des faits, des archives de Wall Street et des évènements soutiennent cette théorie.

 

 

 

 

Wall Street et Franklin Delano Roosevelt (1975)

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D’Anthony Sutton

Second volet de la saga sur Wall Street, Sutton s’intéresse ici de l’arrivée au pouvoir de Roosevelt. Là encore, il démontre comment le président des Etats Unis fut amené au pouvoir et soutenu pendant son activité de dirigeant par les banques de Wall Street qui voyaient en lui le fer de lance de la haute finance et du néo-libéralisme. En témoignent notamment le New Deal et les lois promulguées à partir de 1933. Là encore l’auteur appuie sa thèse par des documents officiels.

 

 

 

 

Wall Street et l’Ascension d’Hitler (1976)

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D’Anthony Sutton

Dernier volet de la saga Wall Street et aussi le plus subversif. En effet, ici Sutton démontre les liens entre Wall Street et l’Allemagne Nazie. Notamment comment les banquiers de Wall Street amenèrent Hitler au pouvoir en finançant sa campagne et son partie. Mais Sutton démontre également comment Wall Street pourrait être à l’origine de la seconde guerre mondiale et en avoir tiré profit. Là encore, l’auteur cite abondamment de sources et met en lien des tas de documents. 

 

 

 

 

Vérité Historique ou Vérité Politique (1979)

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De Serge Thion

L’auteur revient ici sur le scandale provoqué par l’Affaire Faurisson. Il s’intéresse donc à cet homme qui affirme que les chambres à gaz homicides des camps nazis sont un mythe. Thion analyse d’abord comment les médias ont repris l’affaire pour en faire la polémique numéro 1. Il analyse ensuite les propos des anti-Faurisson et appelle à un débat considérant les arguments de Faurisson comme sérieux et légitimes. Le livre va donc sur le terrain interdit du révisionnisme. Il reste de ce fait aujourd’hui interdit en France en vertu de la Loi Gayssot.

 

 

 

 

Mémoire en Défense (1980)

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De Robert Faurisson

Celui qui est considéré comme « la pape du révisionnisme » rédige ce livre qui vient compléter sa vidéo « Le Problème des Chambres à Gaz ». Cet ouvrage se veut également une réponse au bouquin de l’historien Georges Wellers Les Chambres à Gaz ont existé (qui était déjà une réponse aux thèses du professeur Faurisson). L’auteur étaye donc sa théorie avec des photos, des témoignages et des documents d’archives. Bien que la loi Gayssot n’était pas encore en place à l’époque, le livre fut interdit.

 

 

 

 

Le Livre Vert (1981)

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De Mouammar Al-Kadhafi

Ecrit en 1975 puis complété en 1977 et en 1981, Le Livre Vert écrit par Mouammar Al-Kadhafi, fait part de la philosophie et de la vision politique du dirigeant libyen. Il y critique notamment les démocraties occidentales et pose le fondement des idéologies dites de troisième voie. Evoquant la politique mondiale, le nationalisme, la tradition, le social et plusieurs autres points essentiels d’une société, Mouammar Al-Kadhafi rédige là une sorte de livre testament qui permet de comprendre sa mort ainsi que la chute de la Libye actuelle et surtout toutes les actions militaires menées au Moyen-Orient depuis longtemps.     

 

 

 

Suicide, Mode d’Emploi (1982)

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De Claude Guillon

Censuré en France, ce livre de Claude Guillon, est en fait un recueil qui expose diverses manières de se donner la mort. Tous les moyens sont évoqués des plus radicaux au plus atroces. Neuf ans après sa parution, le livre fut interdit en France. Guillon dans le futur livrera également des écrits en faveur de la légalisation de la pédophilie.

 

 

 

 

 

 

Les Annales révisionnistes (1987-1990)

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De Pierre Guillaume, Robert Faurisson, Carlo Mattogno, Serge Thion, Henri Roques, Paul Rassinier…

Les Annales révisionnistes, publiées en huit ouvrages entre 1987 et 1990 restent « la bible du révisionnisme ». Contenant des textes de révisionnistes célèbres comme Robert Faurisson, Henri Roques, Carlo Mattogno, Pierre Guillaume et Serge Thion pour ne citer que ceux-là. Les thèses interdites et controversés sur la négation de l’existence des chambres à gaz nazies sont ici exprimées. Le « best-of » du révisionnisme en quelque sorte. Probablement les livres les plus polémiques au monde. Inutile de préciser que ces huit ouvrages sont formellement interdits et quasiment introuvables.

 

 

 

 

Le Complot de la Réserve Fédérale (1995)

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D’Anthony Sutton

Anthony Sutton s’attaque une nouvelle fois à Wall Street et remonte en 1913 lorsque le président Wilson fit voter cette loi pour la création de la Réserve Fédérale américaine. Depuis, toutes ces années Sutton tire un constat et démontre comment cette loi fut voulue par Wall Street pour déposséder le peuple américain de ce qui est l’essence même de son économie. Une dictature de la finance se mettait alors en place. Une fois de plus, l’auteur s’attache aux documents d’archives et aux sources pour étayer sa thèse. Par la suite, Sutton perdra son travail à l’université et sera interdit d’accès aux archives américaines.

 

 

Les Mythes Fondateurs de la Politique Israélienne (1998)

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De Roger Garaudy

 Ancien combattant et résistant pendant la seconde guerre mondiale, le militant communiste Roger Garaudy était une figure infiniment respecté en France. Membre du PC, il était également ami de l’Abbé Pierre et rédigea des ouvrages faisant autorité sur le marxisme et le communisme. Mais ce militant respecté passe au statut d’ennemi public numéro 1 en écrivant Les Mythes Fondateurs de la Politique Israélienne en 1998. Il y dénonce le sionisme, idéologie fondatrice de l’Etat d’Israël comme contraire au judaïsme et héritière du colonialisme européen. Il dénonce également l’existence d’un lobby sioniste en Europe. Mais surtout Garaudy décrit la Shoah comme un mythe utilisé tel une religion d’état par Israël. Suite à ce livre, il sera condamné pour « contestation de crimes contre l’humanité » et « incitation à la haine raciale ». Lorsque l’Abbé Pierre prit sa défense, il fut exclu de SOS Racisme.   

 

 

No Logo (2000)

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De Naomi Klein

Sous titré « La Tyrannie des marques » et écrit par la reporter Naomi Klein. No Logo rend compte de notre société consumériste subissant l’emprise des marques. L’auteur démontre à quel point ces marques mènent une politique d’intrusion dans nos vies privées pour nous rendre dépendants. Mais No Logo s’attache surtout à dénoncer les pratiques scandaleuses de ces marques qui exploitent des pays du Tiers-monde et violent tous les codes de l’éthique et de la morale pour finaliser leurs productions, usant de méthodes sans scrupules. Naomi Klein appelle ici à la résistance et au boycott des marques. Le livre déchaîna les débats à l’époque et rencontra un grand succès. 

 

 

 

Tintin mon Copain (2000)

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De Léon Degrelle

Rédigé au début des années 90 par Léon Degrelle lui-même, Tintin Mon Copain se lit comme une autobiographie du personnage en parallèle avec sa relation avec Hergé dont il était l’ami. Plus que cela, ici Degrelle expose une théorie déjà élaboré depuis longtemps (notamment par Oliver Mathieu) d’un lien entre lui-même et le personnage de Tintin crée par Hergé. Degrelle appuie le tout par des arguments et des documents d’époque qui lui servent également à raconter sa vie et à donner un autre point de vue de cette période historique qui va des années 30 jusqu’à la fin de seconde guerre mondiale. Comme toutes les œuvres de Degrelle, le Livre sera interdit. Sur les 1000 exemplaires publiés, 850 seront saisis et détruits.  Ce qui fait de Tintin mon Copain une œuvre rare et aussi l’une des plus polémiques qui soit.   

 

 

L’Industrie de l’Holocauste (2000)

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De Norman Finkelstein

Professeur juif américain, fils de déportés, Norman Finkelstein n’en reste pas moins quelqu’un de sulfureux. En 2000, il fait scandale avec son ouvrage L’Industrie de l’Holocauste qui pousse très loin la voie qu’avait entrouverte Peter Novick. Ici Finkelstein dénonce la récupération et l’exploitation de la mémoire de l’Holocauste à des fins financières et politiques. Il prend notamment pour exemple l’affaire des banques suisses à la fin des années 90, ainsi que les différents musées de l’holocauste, décrivant un vrai business. Mais Finkelstein évoque aussi l’aspect politique et moral en dénonçant le deux poids de mesures au niveau du traitement des souffrances de l’histoire. Il dénonce également l’utilisation de l’holocauste nazi comme religion d’état par la politique meurtrière d’Israël. A sa sortie, le livre fera scandale et compromettra la carrière de Finkelstein dans les milieux universitaires.

 

 

L’Effroyable Imposture (2002)

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De Thierry Meyssan

Alors qu’en 2002 le choc des attentats du 11 septembre ne s’est pas encore atténué, le journaliste Thierry Meyssan frappe très fort avec son livre L’Effroyable Imposture qui remet en cause la version officielle des évènements du 11 septembre attribuant les attentats à un complot militaro-industriel américain. Meyssan s’appuie sur des photos et des documents officiels pour étayer sa thèse. Ne se contentant pas de remettre en cause la version officielle, il démontre aussi à quel point les attentats du 11 septembre ont été bénéfiques à la politique étrangère américaine pour ses « croisades » au Moyen Orient. Le livre de Thierry Meyssan obtiendra une renommée mondiale et sera cité par plusieurs hommes politiques haut placés à l’échelle internationale. Il sera aussi vivement controversé par la presse. Si bien que des années plus tard Thierry Meyssan rédigera Le Pentagate, un livre de réponse à ses détracteurs.              

 

 

Deux Siècles Ensemble (2002)

 

25,5

26

D’Alexandre Soljenitsyne

Le grand Alexandre Soljénitsyne, prix nobel de littérature, écrivain russe et dissident soviétique qui passa notamment par les goulags staliniens. Il est une figure respecté des intellectuels d’Europe. Pourtant lorsqu’en 2002, sortit Deux Siècles ensemble, son œuvre de 1200 pages publiée en deux tomes, étrangement, le silence se fit autour de cet ouvrage, contrairement aux précédents de Soljenitsyne. Ni la presse, ni les milieux littéraires n’évoquèrent cette œuvre, c’était comme si elle n’avait jamais existée. En réalité, dans Deux Siècles Ensemble, Soljenitsyne aborde les relations entre le peuple russe et la communauté juive. Il démontre notamment comment un groupe de militants juifs russes ont joué un rôle crucial dans la politique bolchevique responsable de plus de 20 millions de morts. En effet, Soljenitsyne nous apprend que plus de 50% des organes officiels du gouvernement étaient composé par des juifs. L’auteur cite ses sources et même des noms. Mais le sujet est évidemment tabou. Le silence se fera donc dans un premier temps, puis Soljenitsyne sera accusé d’antisémitisme. Des années plus tard, le journaliste juif israélien Sever Plocker subirait lui aussi un sort similaire à celui de Soljénitsyne pour avoir abordé cet état de fait, sans que sa judéité puisse le protéger.

 

Vers la Féminisation (2002)

 

27

D’Alain Soral

« La femme est l’avenir de l’homme » prétendait le stalinien Jean Ferrat qui finit paradoxalement homosexuel. Pour Alain Soral, ce n’est là que le slogan d’un nouvel ordre mondial destiné à féminiser la société afin de la dépolitiser et de la déviriliser. Un système qui remet en cause l’ordre masculin et le rôle qu’il est censé jouer dans la société. Se cachant derrière des principes égalitaires, la féminisation tend en fait à nier la complémentarité entre les deux sexes. Alain Soral évoque là une manipulation qui touche selon lui aussi bien les hommes que les femmes. Vers la féminisation aura beaucoup d’influence et inspirera notamment Eric Zemmour pour son livre Le Premier Sexe.

 

 

 

Les Espérances Planétariennes (2005)

 

28

D’Hervé Ryssen

Le Monde est rempli de divers canaux et médias. Entre la presse, le cinéma, les politiques, les philosophes, les prophètes, les historiens, les financiers, les sociologues, les artistes. Hervé Ryssen démontre ici comment tous ces acteurs de la société vont en fait vers une idéologie mondialiste, multiculturaliste et cosmopolite. Un monde sans frontières, sans culture, composé d’une seule unité où la tradition et les valeurs ancestrales ont disparu pour laisser place à un univers vide de sens et matérialiste. Hervé Ryssen démontre que cette vision du monde trouve ses origines dans le messianisme. Ainsi, du marxisme au libéralisme, sont partagées les mêmes « espérances planétariennes ». Le seul livre à aborder avec autant de rigueur les origines religieuses de la mondialisation.   

 

         

Le Monde contre Soi (2007)

 

29

De Paul Eric Blanrue

Construit comme un dictionnaire, ce livre est un recueil anthologique de propos tenus contre les juifs, le judaïsme et le sionisme, en politique, en littérature, dans l’art, dans la science… Faisant part aussi bien des propos des antisémites notoires que de ceux qui laissèrent planer le doute, Le Monde contre Soi permet de comprendre que l’antisémitisme remonte à l’origine même de la communauté juive. Il permet ainsi de comprendre comment a évolué ce courant de pensée au fil des âges. Pourtant, la LICRA ne verra pas les choses sous cet angle là et elle fera interdire le livre de Blanrue. Mais des années plus tard, l’auteur et les éditeurs entameront de nouveaux recours et finiront par obtenir gain de cause. Le Monde Contre Soi sera réédité en France.  

 

 

 

Un Paradoxe Français (2008)

 

30

De Simon Epstein

Sous titré « Antiracistes dans la collaboration, antisémites dans la résistance ». Avec ce livre, Simon Epstein, considéré comme un spécialiste de l’antisémitisme, s’intéresse à la période de l’occupation en France mais aussi à celle qui la précède dans les années 30. Il étudie alors l’évolution de certains acteurs et facteurs et démontre que ceux qui militèrent pour la gauche, contre le racisme et l’antisémitisme s’engagèrent paradoxalement du côté de la collaboration pendant la guerre, alors que la résistance fut formée par des groupes d’extrêmes droite qui avaient auparavant montré des sentiments hostiles à l’égard des juifs. Ce phénomène paradoxal, Simon Epstein l’analyse et démontre en quoi il trouve sa logique en tenant compte du contexte et des événements. Une analyse à contre courant riche et remarquable.   

 

 

La Mafia Juive (2008)

 

31

D’Hervé Ryssen

Quand on évoque la Mafia, on pense automatiquement à la mafia italienne ou la mafia russe qui fut au cœur des médias, des romans et des œuvres hollywoodiennes. Pourtant Hervé Ryssen affirme qu’il existe une mafia bien plus dangereuse qui est la plus puissante du monde et qui trouve ses racines dans la communauté israélite. Trafic d’organes, proxénétisme, extorsion, meurtres… tout y passe. Hervé Ryssen se base ici sur des faits criminels précis et des preuves pour étayer sa thèse. Si bien que les attaques judicaires de la LICRA et de d’autres associations contre le livre jugé « antisémite », se solderont par des échecs au vu du fait que tous les évènements mentionnés dans le bouquin sont clairement reconnus et établis. Les associations cherchèrent alors à attaquer l’ouvrage sur sa couverture et son titre jugés « antisémites ». Or l’accusation ne fut pas retenue, car souligner la judéité de certains gangsters revient au même que souligner la nationalité italienne ou russe, de certains autres criminels.

 

 

La Stratégie du Choc (2008)

 

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De Naomi Klein

Avec ce nouveau livre, Naomi Klein s’attache à dénoncer ce qu’elle baptise « le capitalisme du désastre » qui exploite toutes crises politiques, catastrophes naturelle, désastres financiers ou même terrorisme international pour mettre en place un ultralibéralisme dévastateur. L’auteur s’appuie sur plusieurs cas : du coup d’état de Pinochet à la guerre en Irak, en passant par l’effondrement de l’URSS et les attentats du 11 septembre. Naomi Klein évoque cette stratégie du choc mise au point par la CIA et reprise aujourd’hui par le néo-libéralisme. Malgré les controverses, le livre sera un énorme succès et donnera même naissance à un documentaire.

 

 

 

Mein Kampf Manga (2009)

 

32,5

D’Adolf Hitler

Il n’y a que les japonais pour faire ça ! En effet en 2009 nos amis nippons et plus précisément la collection « Manga de Dokuha » décide d’adapter en manga le Mein Kampf d’Adolf Hitler. Ces éditions avaient d’ailleurs déjà adapté Le Capital de Karl Marx et Guerre et Paix de Tolstoï. A sa sortie, Mein Kampf Manga rencontra un énorme succès. Mais Nissim Ben-Shetrit ambassadeur israélien au japon demanda le retrait du livre de la circulation. Cependant ce dernier s’était déjà vendu à 45 000 exemplaires et était en rupture de stock. Pour éviter la polémique la maison d’édition ne rééditera pas le livre et livrera une adaptation manga de la Torah. Aujourd’hui Mein Kampf Manga est devenu un livre culte.  

 

 

Comprendre l’Empire (2011)

 

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D’Alain Soral

Rédigé par le sulfureux Alain Soral, Comprendre l’Empire reste sans aucun doute son livre le plus culte, le plus complet et également le plus polémique. Ici l’auteur remonte à la révolution française de 1789 et démontre comment, une oligarchie représentée par la banque, la bourgeoisie et l’idéologie des Lumières a pris le pouvoir en France et en Europe pour imposer sa vision d’un monde sans frontières. Un Nouvel Ordre Mondial bafouant les principes de la démocratie, engendrant la lutte des classes et instrumentalisant les valeurs européennes. Pour Alain Soral, le monde n’a pour issue que « la gouvernance globale ou la révolte des nations ». Souvent attaqué, le livre ne fut jamais interdit. Ce qui n’empêcha pas une librairie de renvoyer un employé qui conseilla cet ouvrage à des clients. Pourtant, Comprendre l’Empire se plaça rapidement en tête des ventes des pamphlets et reste encore aujourd’hui l’un des essais les plus vendus en Europe.     

 

 

Le Racisme Anti-Blanc (2011)

 

34

D’Hervé Ryssen

Lorsqu’on évoque le racisme dans nos sociétés occidentales, on évoque toujours un seul sens. A savoir le bourreau raciste blanc et le pauvre immigré d’origine africaine victime de ce racisme. Or, quand un blanc est agressé par un immigré, on ne parle pas « d’acte de violence raciste » mais de « fait divers ». Pourtant, les chiffres sont là. Le racisme anti-blanc est le plus développé en France et paradoxalement le plus ignoré. Chaque année en France, des milliers d’agression physiques, des centaines de viols et des dizaines de meurtres sont commis pas des immigrés sur des femmes et des hommes blancs sans que nos dirigeants n’élèvent la moindre protestation. Avec ce nouveau livre, Hervé Ryssen expose un fait occulté d’une terrible actualité. Comme à son habitude, l’auteur se base  uniquement sur des faits spécifiques et établis. 

 

Dialogues Désaccordés (2013)

 

35

D’Eric Naulleau et Alain Soral

Ce livre est en fait un compte rendu de longues discussions par mail entre le chroniqueur Eric Naulleau et l’essayiste subversif Alain Soral. Les débats tournent autour de l’affaire DSK, du Front National, du mariage pour tous, du révisionnisme, de la liberté d’expression, de l’affaire Méric, de la religion et du Nouvel Ordre Mondial. Les deux intellectuels bataillent dur et se rendent coups pour coups, les échanges étant parfois très agressifs. Le livre se vendra bien et rencontrera un très grand succès. Une fois n’est pas coutume, un livre avec Alain Soral pour auteur sera distribué dans des espaces culturels officiels. Pourtant, le milliardaire Pierre Bergé n’appréciera pas certains propos cités à son encontre. Il demandera la censure de l’ouvrage dans un premier temps, mais face au refus des auteurs de modifier le contenu, il réclamera l’interdiction. Il obtiendra gain de cause. Depuis le 11/03/2016, le livre est donc officiellement interdit et quasi-introuvable à la vente.  

 

Supra-Négritude (2013)

 

35,5

De Kemi Seba

Le dissident panafricain Kemi Seba surveillé en France par les services anti-terroriste et la DCRI rédige ici une œuvre dont le but est de faire comprendre l’essence réelle de son combat. Il évoque ici son parcours et la tradition africaine, puis dresse un portrait de la société moderne tout en dénonçant le mondialisme et le problème identitaire des immigrés africains en Europe. Loin des discours officiels des lobbies antiracistes, Kemi Seba veut relever l’Afrique, sa culture et son peuple. Le livre sera très controversé de facto avec la personnalité de Kemi Seba.   

 

 

 

Mon Holocauste (2014)

 

36

De Tova Reich

Ce livre humoristique et satirique raconte l’histoire de la famille Messer, une famille juive vivant par et pour l’Holocauste. Tous font leur affaire sur l’Holocauste, dirigeant des musées et commercialisant des slogans. Chez les Messer, l’Holocauste est une industrie lucrative. Mais tout bascule le jour où la fille de la famille se convertit au catholicisme. A travers cet ouvrage, Tova Reich, écrivaine juive américaine, moque et dénonce la place de la mémoire de l’Holocauste dans la société moderne. Elle est devenue un objet de culte, commercialisé et sur lequel certains juifs basent toute leur identité. Si le livre sera salué par une bonne partie de la critique et qu’il rencontra un grand succès, il déclencha également un énorme scandale.  

 

 

Les Milliards d’Israël (2014)

 

37

D’Hervé Ryssen

Sous titré, « Escrocs juifs et financiers internationaux » mais également « Comment prendre l’argent dans la poche des goys », cet ouvrage qui est à ce jour le dernier du très sulfureux Hervé Ryssen, s’attaque à un très gros sujet. Ici l’auteur, comme toujours, ne fait qu’exposer des faits et des affaires clairement établis. En l’occurrence, les plus grosses escroqueries des deux derniers siècles (comme par exemple celle de la Taxe Carbonne). Il cite alors les grands escrocs, possédant souvent la nationalité franco-israélienne. Ryssen évoque ici des faits qui font passer les affaires cités dans La Mafia Juive comme dépassés. Bien qu’il souligne clairement que tous les escrocs ne sont pas juifs et que tous les juifs ne sont pas des escrocs, l’auteur démontre que les plus grands escrocs appartiennent à cette communauté et jouent de ce fait du protectionnisme de l’état d’Israël qui n’extrade pas ses ressortissants. La LICRA attaquera le livre en justice. Là encore, les faits cités étant clairement établis, le livre se révélera inattaquable sur le fond.  La LICRA attaquera alors la couverture qu’elle jugera antisémite. Hervé Ryssen sera condamné à deux mois de prison ferme.  

 

 

Le Suicide Français (2014)

 

38

D’Eric Zemmour

Ce livre aurait très bien pu s’appeler « Meurtre Français » ou tout simplement « Mort française ». Eric Zemmour remonte ici à la France « mai 68 » et des années 70. Il démontre qu’à partir de cette période, les dirigeants français ont abandonné les valeurs du pays et n’ont plus assuré aucun contrôle. Zemour illustre ici la décomposition des mœurs de la société française. Chute de la famille, de la culture et de la patrie qui ont mené à la chute du social et de l’économie. Une souveraineté populaire sacrifiée, menant à la destruction lente, progressive et douloureuse du pays. A sa sortie le livre connaîtra un énorme succès mais fera polémique, notamment en raison de certains passages sur la France de Vichy et de la position de l’auteur face à l’immigration de masse et à l’Islam.

 

 

Soumission (2015)

 

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De Michel Houellebecq

Ce roman de Houellebecq fut au cœur des débats au début de l’année 2015. Avant même sa sortie, le livre faisait polémique au vu du sujet qu’il traitait. L’histoire d’une élection présidentielle en France en 2022 qui voit élire un président d’origine tunisienne et musulman. C’est un vrai bouleversement pour la France qui voit changer son quotidien. Préjugé comme un ouvrage antimusulman, Soumission porte en fait un regard critique sur une société française en perte de valeurs et trouvant à travers l’Islam de nouvelles bases et un nouveau cadre religieux. L’actualité du livre fut marquée par les attentats de Charlie Hebdo. Interprété de plusieurs façons, Soumission rencontra un énorme succès.      

27 mai 2016

Yacht People: Au Dessus c'est le Soleil

 

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Catégorie : Bande dessinée

Genre : Action, Satire, Humour

Année : 2014

Nombre de pages : 62

Nation : France

Auteurs : Alain Soral, Dieudonné M’Bala M’Bala, Zéon

Synopsis : Rien ne va plus à bord de l’Eltsine ! Des pirates somaliens se sont emparés du bâtiment et les peoples sont retenus en otages. Leur dernier espoir d’être secouru vient de s’envoler sous leurs yeux. Alors que le multimilliardaire russe propriétaire du yacht Serguey Ploucatchov entame des négociations et des affaires avec le chef des pirates, le producteur de cinéma Moshé Süssfeld met lui aussi au point un plan pour tirer profit de la situation. Un véritable bain de sang se prépare.

Analyse critique :

(Attention SPOILERS !)

Récemment sur ce blog, j’ai abordé le premier tome de Yacht People, intitulé « Quenelle en haute Mer ». Aujourd’hui j’aborde donc le second album sorti en 2014 et baptisé « Au Dessus c’est le Soleil ».

Le premier épisode avait rencontré du succès et s’était bien vendu. On savait d’ores et déjà qu’il serait complété par une suite étant donné la fin. Cette suite sera rédigée au cours de l’an 2013. A la base, la sortie était prévu pour la fin de l’année, mais comme pour le premier tome, il y’aura un retard au niveau des éditions (les trois auteurs n’ayant pas accès au circuit officiels). Le livre ne sortira finalement qu’en 2014.

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1,5

On se souvient que le premier album était un cocktail d’humour noir, de violence, de trash, de satire et de politiquement incorrect qui faisait dans le transgressif. Ce second opus est sur la même ligne. Cependant ici, le scénario évolue et propose quelque chose de plus intéressant.

La première partie avait une histoire assez classique qui s’attachait surtout à dénoncer la classe people et à dresser un terrible constat sur le monde moderne.

Ici, tout va beaucoup plus loin. Le yacht est désormais aux mains des pirates, et les tentatives des otages pour se sortir de leurs griffes se sont révélées vaines. C’est alors que certains vont s’adapter à la situation et tenter d’en profiter.

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A ce niveau là, donc le scénario prend de l’épaisseur. Ainsi le personnage central de Ploucatchov a une nouvelle dimension. L’oligarque multimilliardaire russe décide de traiter avec le chef des pirates et lui propose même une affaire lucrative dans laquelle les deux sont gagnants. « L’art des échecs c’est s’adapter aux situations inconfortables » déclare d’ailleurs Ploucatchov.  Ce qui doit d’abord être une arnaque à l’assurance prendra une dimension politique au fil de l’album. Ainsi, Ploucatchov qui dans le premier album semblait tenir avant tout de Roman Abramovich, prend ici des airs de Vladimir Poutine. On y retrouve la même intelligence tactique et ce côté « jour d’échec » qui parvient à s’adapter à la situation et a en tirer profit. Mais surtout, il va au final s’unir avec le pirate somalien représentant du tiers monde contre un ennemi commun : « l’axe américano-sioniste » qui est ici représenté clairement. Cela rend Yacht People au final plus complexe et moins manichéen qu’il n’en a l’air.

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Cela dit, on va voir qu’ici les intérêts de Ploucatchov se heurtent à ceux de Süssfeld qui va chercher à sauver sa peau mais également à tirer profit de la situation.

Je n’en dirai pas trop pour la suite, mais on va découvrir qu’ici, l’affaire prend une dimension politique et qu’elle est même exploitée à fond pour fait resurgir l’épouvantail du terrorisme islamique.

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7

Autant le dire, la politique mondialiste en prend pour son grade. Les personnages sont représentés sous leur vraie nature. Le crétin Obama, jouet de l’oligarchie, est bien caricaturé. La psychopathe Hillary Clinton déguste aussi, tant dans la caricature que dans le scénario. Mais c’est surtout Henry Kissinger qui en prend plein les dents. Il représente ici le cerveau de l’affaire. Celui qui va le plus exploiter la situation en mettant au point simulacre pour transformer ce piratage en une attaque terroriste.

Yacht People : Au Dessus C’est le Soleil ne fait donc pas dans la dentelle.

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On retrouve la même tonalité que dans le premier. Humour noir, trash et transgressif, ultraviolence à gogo.

Le dessin est toujours aussi bien réalisé, et les planches sont toujours remplies de 1000 détails qu’on découvre encore après trois relectures. On note des références à des évènements, à des livres ou encore à des films (notamment Scarface de De Palma sur la fin).  

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5

Les dialogues sont là aussi assez inégaux, mais dans l’ensemble ça reste du bon.

Ce second tome de Yacht People parvient donc à régaler. On est pris dans un festival d’action jouissif, tout en ayant en arrière plan une farouche critique de la politique mondialiste des états de l’OTAN. Le livre dénonce notamment la récupération politique d’actes criminels et l’utilisation de l’épouvantail du terrorisme tout en taclant le monde people, Hollywood et la bienpensance.

Encore mieux que le premier épisode qu’il complète parfaitement pour former un diptyque très réussi.

            

           

Note : 15/20

24 mai 2016

Yacht People: Quenelle en Haute Mer

 

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Catégorie : Bande dessinée

Genre : Action, Satire, Humour

Année : 2013

Nombre de pages : 44

Nation : France

Auteurs : Alain Soral, Dieudonné M’Bala M’Bala, Zéon

Synopsis : L’oligarque multimilliardaire russe Serguey Ploucatchov organise une croisière dans son tout nouveau bijou : «L’Eltsine », Un yacht de plus de 200 mètres de long évalué à deux milliards de dollars. A bord, tout le gratin du show business, de la politique et de l’oligarchie mondialiste est invité à venir séjourner durant un voyage inaugural de Doha à Monaco pour présenter le navire au « Yacht Show 2012 ». Sur le gigantesque bateau, la fête bat son plein et vire à l’orgie. Jusqu’à ce que des pirates somaliens fassent irruption et aborde le yacht pour prendre tout le monde en otage.       

Analyse critique :

(Attention SPOILERS !)

La Bande dessinée a pris de plus en plus d’ampleur au fil des années. On trouve désormais un très grand nombre de série au rayon des BD. Beaucoup se ressemblent par ailleurs. Mais si il y’a une BD que vous ne trouverez pas dans les rayons des grandes surfaces ou librairies classiques, c’est bien Yacht People. Tout simplement parce que derrière cette BD humoristique et transgressive, se trouvent des personnages sulfureux et « infréquentables ».

Yacht People a été rédigé en trio par : le penseur et pamphlétaire subversif Alain Soral, l’artiste et humoriste polémique Dieudonné et pour finir le caricaturiste transgressif Zéon. Que du politiquement incorrect donc, car ces trois artistes ont pour point commun d’avoir été poursuivi et condamnés en justice pour leurs œuvres respectives (pas très Charlie tout ça…).

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On a donc droit à un cocktail détonnant.

C’est alors Alain Soral qui s’est chargé de rédiger le scénario de Yacht People. Dieudonné de son côté a écrit tous les dialogues. Quant à Zéon, il fut évidemment chargé de réaliser les dessins.

A l’annonce du projet, Yacht People fait le buzz. Le public de « la dissidence » attend de pied ferme cette œuvre. Le premier tome est donc édité en 2013 sous le titre de « Quenelle en Haute Mer ».

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Evidemment avec un tel titre, on peut penser que Yacht People va se baser sur les sketches de Dieudonné avant tout. En réalité ce n’est pas du tout le cas. Certes, on retrouve ici pas mal d’allusions et de gimmicks de Dieudonné, mais c’est toujours sous la forme de clin d’œil et de façon assez fine et subtile (comme une radio en arrière plan en train de diffuser Shoananas par exemple).

Yacht People est une œuvre humoristique qui se veut une satire de nos sociétés modernes et du monde actuel de la politique et du show-biz. Et clairement, nos trois auteurs n’y sont pas allés de main morte.

On suit donc l’histoire d’une croisière de personnalités haut placées, qui va virer au cauchemar lorsque des pirates somaliens vont aborder le yacht.

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On retrouvera donc des personnalités connues (que ce soit sous leurs vrai noms ou des pseudos) comme : Tom Cruise, Schwarzenegger, Massimo Gargia, BHL, Besancenot, Jamel Debbouze, DSK, Joey Starr, Laurent Ruquier et des tas d’autres personnalités politiques ou du show biz. Impossible de tout énumérer, certains ne font même que quelques apparitions. Parmi les principaux personnages on retrouvera les stéréotypes de la société, comme le riche Emir qatari musulman, le producteur de cinéma juif, le gay jet set, le jeune journaliste gauchiste ambitieux et bien sûr l’oligarque multimilliardaire russe. Ce personnage, un peu au cœur du récit, baptisé Serguey Ploucatchov peut, par ses traits physiques, rappeler quelque peu Vladimir Poutine (ce lien sera plus explicite dans le second tome). Mais pour l’heure, le personnage semble avant tout inspiré des multimilliardaires russes et plus précisément par Roman Abramovich. On constatera d’ailleurs que le yacht de la BD ressemble beaucoup à « l’Eclipse » d’Abramovich. D’ailleurs dans le livre, le yacht est baptisé le « Eltsine », contenant ainsi les premières et dernières lettres du nom du navire d’Abramovich, mais faisant surtout le lien avec l’ancien dirigeant russe dont Abramovich était l’un des admirateurs pour sa politique néolibérale.   

     

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On notera également le personnage du chef des pirates somaliens, bien plus intelligent et rusé que ses hommes.  

On comprend donc de quoi et plus précisément de qui, les auteurs veulent parler à travers leurs personnages. Evidemment il y’a aussi parfois un aspect « règlement de compte ». Les artistes se vengent via la BD sur leurs ennemis, censeurs et persécuteurs.

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Concernant la BD en elle-même. Les dessins de Zéon sont très réussis, on y retrouve d’ailleurs sa pâte d’artiste et son talent qui éclatait déjà dans ses caricatures. Le ton est donné. Il a réalisé un travail vraiment conséquent sur chaque planche. J’ai relu Yacht People plusieurs fois et à chaque relecture, je découvre de nouvelles choses dans les images. Toutes les planches contiennent une multitude de détails subtils qui font généralement référence à des évènements politiques ou médiatiques connus. On notera l’insertion de certains personnages célèbres, mais également de tas de symboles ou de détails parlants (une affiche dans une chambre, un livre posé sur une table, un tatouage sur un personnage…). Zéon s’est amusé à glisser plein de détails et d’indices qui permettent une fois encore plusieurs relectures de l’œuvre. On peut passer plusieurs minutes sur une image sans en voir tous les détails et les clins d’œil. De ce côté-là, on ne peut que saluer le travail de l’artiste.

Pour ce qui est du scénario, il est assez classique dans cette première partie, mais gagne en originalité en faisant justement référence à l’actualité et en la traitant de façon différente. Ce premier tome pose cependant les bases de l’histoire qui s’enrichira dans le second livre.

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Les dialogues sont assez inégaux, parfois ils font mouches, parfois ils sont trop peu imaginatifs. De façon générale, j’ai envie de dire, qu’au vu du travail d’écriture de Dieudonné sur les dialogues de ses spectacles, on était quand même en droit d’attendre mieux de ceux de Yacht People. On a surtout l’impression que Dieudo ne s’est pas donné à fond dans ce projet qu’il devait considérer comme de seconde zone.

Concernant le ton général de la BD, on est dés le début mis dans le jus. Yacht People joue la carte humoristique, mais avec un humour noir, cynique et parfois terriblement trash. La BD a d’ailleurs été déconseillée aux moins de 16 ans en raison de son ultraviolence. Cette dernière n’est d’ailleurs pas gratuite. Et comme le soulignait Alain Soral, tout le côté outrancier et même dégueulasse de la BD sert surtout à dresser un portrait au vitriol d’une société moderne décadente. Cela dit, les excès de Yacht People ont pu gêner plusieurs lecteurs à sa sortie. Pour ma part je trouve que ce premier tome gère plutôt bien cet aspect.

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L’univers de Yacht People est donc sans concession et c’est au fond l’histoire d’une guérilla entre deux groupes humains totalement opposés. D’un côté le monde occidental dépravé et décadent « voguant vers sa fin sur un océan de dollars, de sexe, de mensonges et de sang » comme le précise la quatrième de couverture (permettant au passage de comprendre la métaphore de la croisière). De l’autre côté des pirates somaliens quasi-primitifs assoiffés de sang et de vengeance. Le portrait est impitoyable et clairement il n’y a aucun personnage à sauver dans Yacht People. Le plus sympathique reste au final l’ivrogne notoire qui sert de capitaine à l’Eltsine.

Ce premier tome de Yacht People s’attache donc à tirer un constat sur les inégalités écrasantes du monde moderne et les conséquences qui en découlent. Comme le mentionne la quatrième de couverture c’est un « Emblème de notre monde de vulgarité, de luxe, de misère et de struggle généralisé ».

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On ne prend ici partie pour aucun des deux clans. Il y’a d’un côté des pirates barbares, sadiques et féroces. Pourtant, l’autre côté rempli de stars et de milliardaires sans valeurs ni morale et se vautrant dans la luxure et la dépravation est encore plus détestable. Yacht People démontre d’ailleurs toute l’hypocrisie de cette classe là. Une classe qui fait de l’humanitaire à ses propres fins pour dorer son image et la rendre plus « bankable » en exploitant une misère qu’ils ont eux-mêmes engendré de toute pièces. Il y’a d’ailleurs une scène atroce ou les convives se goinfrent comme des porcs devant des images d’enfants touchés par la famine accompagné d’un discours humanitaire. On y voit ici toute l’hypocrisie de ces gens vivant au dessus de leurs moyens et donnant des discours sur la pauvreté aux classes moyennes.

Mais le pire, c’est que dés ce premier tome, les pirates somaliens, désormais maîtres de l’Eltsine, vont eux-mêmes être en quelque sorte « contaminés » par leurs otages et se livrer à la dépravation et à la perversité la plus totale dans la luxure. Excepté leur chef qui reste tout au long un personnage très intéressant comme je l’ai souligné plus haut. Lui contrairement à ses hommes ne cède pas à la décadence de cet univers occidental libéralisé.

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Yacht People appelle forcément à une suite qui verra d’ailleurs le jour. Ce premier tome reste d’ailleurs réussi. Il se vendra très bien à sa sortie.

Certes on pourra lui reprocher de choisir parfois la facilité et la caricature trop outrancière. Mais Yacht People n’a pas vraiment la prétention de livrer autre chose. Tout est dans l’excès, ce qui pourra en gêner certains (moi-même la première fois).

Ceci dit, Yacht People reste une BD amusante et de bonne facture qui sort des sentiers battus et qui se veut entraînante et assez jouissive.

             

   

    

Note : 15/20